La Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), avec l’appui financier du Projet SecFin Africa, a organisé, du 14 au 18 septembre 2026 à Gitega, un atelier de renforcement des capacités consacré aux obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), ainsi qu’à la mobilisation des parties prenantes dans le processus d’actualisation de l’Évaluation Nationale des Risques (ENR).
Cette activité intervient dans un contexte où le Burundi poursuit ses efforts pour renforcer l’efficacité de son dispositif national de LBC/FT et donner suite aux recommandations issues du processus d’Évaluation Mutuelle. L’actualisation de l’ENR constitue, à cet égard, une étape déterminante pour disposer d’une compréhension plus précise, objective et actualisée des risques auxquels le pays est exposé.
Renforcer la compréhension des nouvelles obligations
Pendant cinq jours, la CNRF a réuni successivement différents acteurs clés du dispositif national, en tenant compte des spécificités de leurs secteurs.
La première journée a été consacrée au secteur bancaire, suivie d’une journée dédiée aux institutions de microfinances, le troisième jour était consacré aux assurances, courtiers d’assurance, opérateurs de mobile money, bureaux de change et marchés de capitaux. Les organes chargés de l’application de la loi notamment les juges, les magistrats et les officiers de police judiciaire ont ensuite été ciblés.
La dernière journée a été consacrées au secteur des EPNFD (entreprises et professions non financières désignées), notamment les avocats, les notaires, les professionnels comptables, les régulateurs comme la loterie nationale du Burundi (LONA), l’office burundais des recettes (OBM) et Titres fonciers et cadastre nationale.
Au cœur des échanges figurait la nouvelle loi relative à la LBC/FT. Les participants ont été sensibilisés aux principales modifications et nouvelles dispositions du cadre légal, notamment les mesures préventives, les obligations de déclaration d’opérations suspectes, le régime de sanctions et les exigences relatives aux bénéficiaires effectifs.
Cette sensibilisation visait à favoriser une meilleure appropriation des obligations par les différents acteurs et à renforcer leur capacité à contribuer efficacement à la prévention, à la détection et à la répression ainsi qu’à la déclaration des opérations suspectes pour toutes les institutions déclarantes.
Vers les conclusions de l’ENR davantage fondées sur des données factuelles
L’un des principaux objectifs de l’atelier était également de renforcer la compréhension des résultats de l’ENR réalisée en 2024 et des raisons justifiant son actualisation.
Les participants ont été informés des principales menaces et vulnérabilités identifiées, ainsi que des secteurs et activités présentant des niveaux de risque importants. Les limites relevées dans l’ENR actuelle ont également été abordées, notamment la place importante accordée au jugement d’experts à défaut de données empiriques, fiables et vérifiables.
Ces constats soulignent la nécessité de renforcer la base factuelle de la prochaine évaluation. Une ENR de qualité repose en effet sur la disponibilité de données statistiques sectorielles suffisamment précises pour permettre une analyse pertinente des menaces, des vulnérabilités et ainsi des niveaux de risque. Des explications ont été fournies sur les informations recherchées ainsi que leur utilité.
Au-delà de la formation, l’atelier a constitué un espace de dialogue entre les différents acteurs du dispositif national de LBC/FT. Les échanges ont permis de rappeler que la prévention et la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ne relèvent pas de la seule responsabilité des autorités publiques.
Les institutions financières, les EPNFD, les organes chargés de l’application de la loi et les autres parties prenantes jouent chacun un rôle essentiel dans l’identification des risques, la mise en œuvre des mesures préventives et la déclaration des opérations suspectes.
À travers cet atelier, la CNRF entend ainsi renforcer non seulement les capacités techniques des parties prenantes, mais également leur engagement dans le processus d’amélioration continue du dispositif national de LBC/FT.









