Après plus d’une année de mobilisation, de dialogue technique et de coopération nationale, régionale et internationale, le Burundi voit son premier Rapport d’Évaluation Mutuelle approuvé dans le cadre des travaux de l’ESAAMLG à Kigali. Une étape majeure qui marque à la fois l’aboutissement d’un processus exigeant et le début d’une nouvelle phase consacrée à la mise en œuvre des recommandations.
Kigali, Rwanda 31 Août– 5 septembre 2026. Le Burundi vient de franchir une étape majeure dans le renforcement de son dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP). À Kigali, dans le cadre de la 52e réunion du Groupe de Travail des Hauts Fonctionnaires de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG), les travaux consacrés au premier Rapport d’Évaluation Mutuelle (REM) du Burundi ont abouti à son approbation, ouvrant ainsi une nouvelle page dans le parcours du pays en matière d’intégrité financière.
Cette décision vient couronner un processus engagé en juin 2025, qui aura mobilisé pendant plus d’une année les institutions publiques, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers ainsi que les experts régionaux et internationaux autour d’un objectif commun : évaluer la solidité et l’efficacité du dispositif burundais de LBC/FT/FP et identifier les actions nécessaires à son renforcement.
Une mobilisation nationale sans précédent
La présence du Burundi à Kigali a été marquée par la participation d’une forte délégation burundaise, conduite par , M. Denis NDAGIJIMANA, le Responsable de la Planification, de la Programmation, du Suivi et de l’Évaluation au Ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique et Président du CONAC (Comité National Consultatif) en matière des efforts de LBC/FT/FP.
Elle réunissait des représentants de nombreuses institutions publiques, parmi lesquelles la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), la Police Nationale du Burundi, le Parquet Général près la Cour anticorruption, la Cour anticorruption, l’Autorité de Régulation du Marché des Capitaux, la Banque de la République du Burundi (BRB), l’Agence de Développement du Burundi, la Loterie Nationale du Burundi, l’Office Burundais des Mines et Carrières, l’Office Burundais des Recettes, les services des Titres Fonciers et du Cadastre National, le Cabinet du Ministère de la Justice, l’Agence d’appui à la réalisation des contrats de Partenariats Publics-Privés ainsi que la Cour suprême.
Le secteur privé a également apporté sa contribution à cet important processus. Plusieurs banques commerciales, notamment BANCOBU, Ecobank, CRDB, BIDF, BBCI, ont participé aux différentes étapes de l’évaluation. Cette forte mobilisation démontre que la prévention et la répression de la criminalité financière constituent une responsabilité collective. Du renseignement financier à la supervision, de l’enquête aux poursuites, du système judiciaire aux professions et entreprises assujetties, chaque acteur joue un rôle déterminant dans la protection de l’intégrité du système financier national.
Le Rapport d’Évaluation Mutuelle approuvé : une étape franchie
L’un des moments forts des travaux de Kigali aura été l’examen du premier Rapport d’Évaluation Mutuelle du Burundi.
À l’issue des discussions techniques, la Task Force a recommandé au Conseil des Ministres de l’ESAAMLG, dont le Burundi était représenté par INARUKUNDO Francine, Secrétaire Permanent du Ministre des Finances, de considérer et d’approuver le Rapport d’Évaluation Mutuelle du Burundi et d’autoriser sa publication sur le site de l’ESAAMLG, après son passage par le processus de Global Quality and Consistency Review.
Le Burundi sera par ailleurs placé sous suivi renforcé (Enhanced Follow-Up). Il devra présenter son premier rapport de suivi lors d’une réunion de la Task Force prévue en août/septembre 2029, soit trois ans après l’adoption du REM.
Cette décision constitue un signal important : le Burundi entre désormais dans une phase où les progrès réalisés devront être consolidés et où les recommandations issues de l’évaluation devront progressivement se traduire en réformes et résultats concrets.
Une étape franchie, mais surtout un nouveau départ
L’adoption du Rapport d’Évaluation Mutuelle ne constitue donc pas l’aboutissement définitif des efforts du Burundi. Elle marque plutôt le passage d’une phase d’évaluation à une phase d’action.
La priorité sera désormais de poursuivre, entre autres :
- la mise en œuvre des recommandations formulées dans le rapport (notamment les key recommended actions) ;
- de renforcer les capacités des institutions concernées ;
- d’améliorer la coordination interinstitutionnelle ;
- de consolider les mécanismes de supervision et de renseignement financier ;
- de renforcer l’efficacité des enquêtes, poursuites et sanctions en matière de criminalité financière.
La mise en œuvre d’un plan d’action national constituera à cet égard un instrument essentiel pour assurer le suivi des recommandations, définir les responsabilités des différentes parties prenantes et mesurer les progrès accomplis.
Kigali, une étape historique dans le parcours du Burundi
De juin 2025 à septembre 2026, le Burundi aura parcouru un chemin important. L’Évaluation Mutuelle aura été l’occasion de mesurer les progrès réalisés, d’identifier les insuffisances et de mobiliser l’ensemble des acteurs autour d’une vision commune de la protection de l’économie nationale et de l’intégrité du système financier.
De l’évaluation à l’action, le Burundi ouvre ainsi un nouveau chapitre dans la construction d’un système national de LBC/FT/FP plus robuste, plus efficace et davantage intégré aux dynamiques régionale et internationale.






