Après plus de 15 mois de mobilisation nationale et d’échanges entre le comité national et les évaluateurs issus de 11 pays d’ESAAMLG, le Burundi voit son premier Rapport d’Évaluation Mutuelle approuvé dans le cadre de la plénière de l’ESAAMLG tenue à Kigali. Une étape majeure qui marque à la fois l’aboutissement d’un processus exigeant et le début d’une nouvelle phase consacrée à la mise en œuvre des recommandations.
Kigali, Rwanda 31 Août– 5 septembre 2026. Le Burundi vient de franchir une étape majeure dans l’évaluation de son dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP). En marge s de la 52ème réunion du Groupe de Travail des Hauts Fonctionnaires ESAAMLG, les travaux consacrés au premier Rapport d’Évaluation Mutuelle (REM) du Burundi étaient au programme et ont abouti à son approbation, ouvrant ainsi une nouvelle page dans le parcours du pays en matière d’intégrité financière et au respect des standards du GAFI. La plénière a reconnu les avancées majeures déjà enregistrées par le Burundi, depuis qu’il est devenu membre de l’ESAAMLG en septembre 2023.
Cette décision vient couronner un processus ayant mobilisé les institutions publiques, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers ainsi que les experts régionaux et internationaux autour d’un objectif commun : évaluer la conformité technique du dispositif burundais de LBC/FT/FP et son efficacité en vue d’identifier les actions nécessaires à son renforcement.
Une mobilisation nationale sans précédent
Elle réunissait des représentants de nombreuses institutions publiques, parmi lesquelles la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), le Parquet Général, la Police Nationale du Burundi, l’Interpol Bujumbura, le Parquet Général près la Cour anticorruption, la Cour anticorruption, l’Autorité de Régulation du Marché des Capitaux, la Banque de la République du Burundi (BRB), la Loterie Nationale du Burundi, l’Office Burundais des Mines et Carrières, l’Office Burundais des Recettes, les services des Titres Fonciers et du Cadastre National, le Cabinet du Ministère de la Justice, ainsi que la Cour suprême.
Le secteur privé a également apporté sa contribution à cet important processus. Plusieurs banques commerciales, notamment BANCOBU, la BHB, Ecobank, BIDF et BBCI, ont participé aux différentes étapes de l’évaluation et aux réunions impliquant les secteurs publiques- privés en lien avec le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Cette forte mobilisation démontre que la détection, prévention et la répression de la criminalité financière constituent une responsabilité collective. De la production du renseignement financier à la supervision basée sur les risques au sein des assujettis, de l’enquête au recouvrement des avoirs illicites, chaque acteur joue un rôle déterminant dans la protection de l’intégrité du système financier national.
Le Rapport d’Évaluation Mutuelle approuvé : une étape franchie
L’un des moments forts des travaux de Kigali aura été l’examen du premier Rapport d’Évaluation Mutuelle du Burundi. A l’issue des discussions techniques, la Task Force a recommandé au Conseil des Ministres de l’ESAAMLG de considérer et d’approuver le Rapport d’Évaluation Mutuelle du Burundi et d’autoriser sa publication sur le site de l’ESAAMLG, après une deuxième relecture de ce rapport. Notez qu’au Conseil des Ministres des Pays d’ESAAMLG, le Burundi était représenté par Mme INARUKUNDO Francine, le Secrétaire Permanent du Ministère des Finances, du Budget et de l’Economie Numérique.
Le Burundi sera par ailleurs placé sous suivi renforcé (Enhanced Follow-Up). Il devra présenter son premier rapport de suivi lors de la plénière prévue en août/septembre 2029, soit trois ans après l’adoption du REM.
Cette décision constitue un signal important : le Burundi entre désormais dans une phase où l’étape déjà franchie devra être consolidé par des actions coordonnées où les principales recommandations issues du rapport d’Evaluation Mutuelle devront progressivement se traduire en réformes et résultats concrets au risque d’être placé sur la liste grise des pays qui ne remplissent pas les critères de satisfaction au respect des standards
De l’évaluation à l’action, le Burundi ouvre ainsi un nouveau chapitre dans la construction d’un système national de LBC/FT/FP plus robuste, plus efficace et davantage intégré aux dynamiques régionale et internationale.
































