Blog

Le Burundi renforce sa lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : un pas décisif franchi avec la validation du rapport d’Evaluation National des Risques

Bujumbura, 11 novembre 2025 – Dans une ambiance empreinte de collaboration et d’engagement, les acteurs clés de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) au Burundi se sont réunis dans la grande salle du nouveau bâtiment du Ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique. Placé sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur le Ministre des Finances, cet atelier de haut niveau a marqué une étape historique : la validation du rapport de l’Évaluation Nationale des Risques (ENR) et la sensibilisation des hautes autorités sur les enjeux de l’Évaluation Mutuelle du Burundi.

Une mobilisation institutionnelle exemplaire

Organisé par la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), cet atelier a rassemblé les représentants des institutions stratégiques de la chaîne nationale LBC/FT : le Ministère des Finances, la Banque de la République du Burundi (BRB), l’Office Burundais des Recettes (OBR), le Ministère de la Justice, le Service National de Renseignement (SNR), le Ministère des Affaires Étrangères, les différentes banques commerciales ainsi que plusieurs autres partenaires clés.

Les allocutions de bienvenue et d’ouverture, prononcés successivement par le Secrétaire Permanent de la CNRF et le Ministre des Finances, ont mis en lumière la détermination du gouvernement à bâtir un système financier solide, transparent et résilient. Les orateurs ont souligné la responsabilité collective de chaque institution dans la prévention et la détection des flux financiers illicites, véritables menaces pour la stabilité économique et la réputation internationale du pays.

Des résultats clairs pour mieux orienter l’action nationale

Le rapport de l’Évaluation Nationale des Risques a permis d’identifier les menaces et vulnérabilités qui exposent le Burundi au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme. Selon les conclusions présentées, le niveau global de risque de BC/FT au Burundi est élevé, en raison d’une menace et d’une vulnérabilité globale également élevée..

Le risque de financement du terrorisme a également été jugé préoccupant, en l’absence notamment d’un cadre législatif complet pour la mise en œuvre des résolutions 1267 et 1373 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Face à ces constats, plusieurs recommandations stratégiques ont été formulées, notamment :

  • la mise en place d’un outil statistique national pour le suivi des données LBC/FT ;
  • l’actualisation du cadre légal et l’adoption d’une politique nationale basée sur les risques;
  • la création d’une autorité de coordination nationale des initiatives LBC/FT ;
  • le renforcement des capacités humaines et matérielles des organes d’enquête et de supervision ;
  • la mise en place d’un registre national des bénéficiaires effectifs et d’une infrastructure d’identification fiable ;
  • la ratification de la Convention internationale de 1999 sur la répression du financement du terrorisme.

Sensibilisation sur le processus de l’Évaluation Mutuelle du Burundi

La seconde partie de l’atelier a porté sur la sensibilisation au processus de l’Évaluation Mutuelle conduite par le Groupe Anti-Blanchiment de l’Afrique Orientale et Australe (ESAAMLG).
Le Coordonnateur national de l’Évaluation Mutuelle a expliqué que ce processus, déjà entamé en juin 2025, constitue une évaluation approfondie visant à mesurer la conformité technique et l’efficacité du pays aux 40 Recommandations et 11 résultats immédiats du GAFI (Groupe d’Action Financière).

L’évaluation repose sur deux volets essentiels :

  1. La conformité technique, qui analyse la présence des lois et règlements exigés ;
  2. L’efficacité, qui mesure l’application concrète et les résultats obtenus sur le terrain.

Les défis identifiés sont multiples : coordination interinstitutionnelle parfois insuffisante, manque de données statistiques complètes, faible compréhension technique du processus, contraintes linguistiques, ou encore ressources humaines limitées.

Pour y remédier, les participants ont convenu de renforcer la coordination nationale, d’améliorer la collecte de données, d’accélérer la finalisation des textes d’application de la loi du 25 mars 2025, et de développer les capacités des acteurs concernés à travers la formation et la communication.

Un engagement national renouvelé

En clôturant les travaux, les participants ont unanimement salué la qualité des échanges et la richesse des recommandations. Le rapport de l’ENR a été validé avec quelques ajustements de fond et de forme, ouvrant la voie à une mise en œuvre effective et concertée des actions prioritaires.

Cet atelier marque ainsi une étape décisive dans la consolidation du dispositif national de LBC/FT. Il témoigne de la volonté politique forte du Burundi d’aligner son système financier sur les normes internationales, tout en consolidant la confiance des partenaires techniques et financiers.

Le gouvernement, à travers la CNRF, réaffirme sa détermination à poursuivre les réformes nécessaires pour bâtir un environnement économique sûr, transparent et attractif, au service du développement durable du pays.

 

Renforcement des capacités de la chaîne pénale burundaise dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme

La Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), avec l’appui financier du Projet d’Emploi et de Transformation Économique (PRETE) financé par la Banque mondiale, a organisé une formation de formateurs et d’experts nationaux destinée aux acteurs clés de la chaîne pénale burundaise qui a eu lieu à Bujumbura, du 29 septembre au 10 octobre 2025.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts continus du Burundi pour renforcer l’efficacité de son dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Elle intervient alors que le pays est en pleine évaluation mutuelle par le Groupe anti-blanchiment de l’Afrique orientale et australe (ESAAMLG).

Former pour mieux enquêter et juger les crimes financiers

L’objectif principal de cette formation était de doter les institutions concernées (la magistrature, la police judiciaire et la CNRF) de compétences renforcées pour détecter, enquêter, poursuivre et juger efficacement les infractions liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, conformément aux dispositions de la nouvelle loi LBC/FT et aux normes internationales du GAFI.

Dix formateurs nationaux issus des principales institutions de la chaîne pénale ont ainsi été identifiés et accompagnés dans l’élaboration de modules de formation contextualisés. Ces modules couvrent les thématiques essentielles de la LBC/FT : la détection des infractions, les investigations financières et patrimoniales, la coopération internationale, la saisie et le recouvrement des avoirs, ainsi que le jugement des affaires de BC/FT.

Une approche pratique et participative

Animée conjointement par une experte internationale et les formateurs nationaux, la session s’est appuyée sur une approche participative et pragmatique, combinant exposés théoriques, études de cas, simulations d’enquêtes et procès fictifs. Les participants (magistrats, officiers de police judiciaire et analystes financiers) ont ainsi pu acquérir des compétences directement applicables dans l’exercice de leurs fonctions.

Renforcer la coopération interinstitutionnelle

Au-delà du renforcement individuel des capacités, cette formation vise à instaurer un langage commun et à consolider la coopération interinstitutionnelle, condition indispensable à une action coordonnée et efficace contre les crimes financiers au Burundi.

Cette initiative illustre la détermination du pays à protéger l’intégrité de son système financier, à améliorer son cadre institutionnel et à se conformer aux exigences internationales en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Renforcement des capacités du personnel de la CNRF sur la supervision des EPNFD : Une formation de 5 jours avec un expert consultant de la Banque Mondiale

Du 22 au 26 Septembre 2025, la Cellule Nationale de Renseignement Financier(CNRF) a organisé une formation intensive a l’intention de ses cadres, axée sur la supervision des entreprises et professions non financières désignés (EPNFD). Cette session de renforcement des capacités s’est tenue avec l’appui technique et financier de la Banque Mondiale, à travers le projet PRETE Nyunganira.

Animé par un expert consultant, Mr. Samuel Diop, la formation a permis aux participants de consolider leurs compétences en matière de contrôle, d’évaluation des risques, et de mise en œuvre des obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) auprès des EPNFD.

Conformément à la loi no1/ 08 du 27 mars 2025 portant modification de la loi no1/02 du 4 février 2008 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, la CNRF a pour mission de superviser les institutions déclarantes, les EPNFD y sont compris. Ces entités comprennent notamment :

  • Les casinos et jeux de hasard ;
  • Les agents immobiliers ;
  • Les négociants en pierres et métaux précieux ;
  • Les avocats ;
  • Les notaires ;
  • Les comptables et auditeurs externes.

Durant ces cinq jours, les échanges ont porté sur :

  • Les obligations légales et règlementaires applicables aux EPNFD en matière de LBC/FT (par exemple : vigilance client, déclaration d’opérations suspectes à la CNRF, conservation des documents, etc.) ;
  • L’élaboration des lignes directrices pour les EPNFD ;
  • Les outils pratiques d’évaluation des risques ;
  • Les méthodes de supervision basées sur les risques.

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique continue de renforcement institutionnel de la CNRF, dans le but de mieux faire face aux défis liés à la criminalité financière et de se conformer aux standards du GAFI.

La CNRF réaffirme, à travers cette activité, son engagement à promouvoir une culture de conformité rigoureuse et à renforcer la résilience du système national de prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme.

LE BURUNDI AUX RÉUNIONS D’ESAAMLG : UNE PARTICIPATION STRATÉGIQUE POUR RENFORCER LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

Addis-Abeba, Éthiopie – Août 2025 – Le Groupe Anti-Blanchiment de l’Afrique de l’Est et Australe (ESAAMLG) a tenu, du 22 au 31 août 2025, une série de réunions de haut niveau au siège de la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). Ces assises ont regroupé la 50 réunion des hauts fonctionnaires, la 25 réunion du Conseil des Ministres et le 8 dialogue public-privé, marquant un jalon important pour la coopération régionale en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.

Plus de 800 participants ont pris part à ces réunions, représentant les 21 pays membres de l’ESAAMLG, la RDC comme pays observateur, ainsi qu’un large éventail de partenaires techniques et financiers. L’objectif central était d’évaluer les progrès collectifs dans la mise en œuvre des normes internationales de LBC/FT, d’analyser les défis émergents, d’évaluer les rapports d’étape après l’évaluation mutuelle (post mutual evaluation report) et de renforcer les mécanismes de coopération régionale.

Une forte représentation du Burundi

Le Burundi a marqué sa présence pendant les réunions en plénières à travers une délégation multisectorielle, conduite par le Secrétaire Permanent de la CNRF, intégrant des représentants de l’ensemble des piliers du dispositif national de LBC/FT : autorités judiciaires, forces de l’ordre, régulateurs, institutions financières et secteur privé.

La deuxième phase des réunions s’est focalisé sur le Conseil des Ministres en charge des finances des pays d’ESAAMLG, et le Ministre en charge des Finances du Burundi a pris également part à ces assises. Il a profité pour tenir une réunion bilatérale avec l’équipe d’évaluateurs de l’ESAAMLG, réitérant l’engagement ferme du gouvernement à soutenir la CNRF et à mobiliser toutes les parties prenantes pour respecter le calendrier de l’Evaluation Mutuelle du Burundi.

Cette participation a permis de :

  • Échanger avec les évaluateurs de l’ESAAMLG sur le processus d’Evaluation Mutuelle entamé en mai 2025,
  • Identifier les priorités nationales en matière de conformité et de coopération internationale.

La participation active du Burundi témoigne de sa volonté de :

  • Prévenir et combattre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme,
  • Contribuer à la stabilité et à la sécurité de la région,
  • Renforcer sa coopération avec les partenaires internationaux pour bâtir un système financier transparent et résilient.

Ces assises constituent une étape décisive pour le Burundi dans son processus d’évaluation mutuelle et dans la consolidation de son cadre national de LBC/FT.

Thèmes clés abordés

Les discussions se sont articulées autour de :

  • L’examen des rapports d’évaluation mutuelle et du suivi des pays sous observation,
  • Les risques émergents liés aux crypto-actifs, aux organisations à but non lucratif et aux flux financiers transfrontaliers,
  • Le renforcement de la coopération régionale, notamment en matière d’échange d’informations financières et judiciaires.

Les États membres ont adopté un ensemble de recommandations stratégiques visant à consolider la conformité aux standards du GAFI et à renforcer la résilience régionale et la coopération face aux menaces financières.

Visite d’étude entre la CNRF du Burundi et l’ANRF du Maroc : Renforcement des capacités en matière de LBC/FT

Rabat, Royaume du Maroc – Du 13 au 15 mai 2025, une délégation de la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CNRF) du Burundi a effectué une visite d’étude à l’Autorité Nationale du Renseignement Financier (ANRF) du Royaume du Maroc dans le cadre d’un échange d’expériences et de bonnes pratiques en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

  1. Cérémonie d’ouverture et coopération renforcée entre le Burundi et le Maroc

La visite a été officiellement ouverte par le Conseiller du Président de l’ANRF, suivi du Secrétaire Permanent de la CNRF. Le Conseiller a souligné les excellentes relations de coopération entre le Burundi et le Maroc, rappelant que les deux pays renforcent leurs liens diplomatiques depuis l’ouverture de l’ambassade du Burundi au Maroc en 2015 et celle du Maroc au Burundi en 2021.

Le Secrétaire Permanent de la CNRF a exprimé sa gratitude pour cet échange, soulignant que cette visite était une opportunité d’apprentissage pour la CNRF, une jeune institution de seulement trois ans, face à l’expérience avancée du Maroc en matière de LBC/FT.

  1. Panorama du dispositif marocain de LBC/FT

L’ANRF a présenté son dispositif national, basé sur la loi 43-05 (2007) et ses amendements ultérieurs. Le Maroc a déjà subi deux évaluations mutuelles par le GAFIMOAN (2007 et 2017) et se prépare pour une troisième en 2026. Avec 39 recommandations du GAFI sur 40 respectées, le pays ne rencontre des difficultés que sur la Recommandation 15 (avoirs virtuels), en cours de régularisation.

L’ANRF joue un rôle central dans la coordination nationale, avec un Conseil regroupant toutes les parties prenantes. Ses missions incluent :

  • L’élaboration de stratégies et d’avis en LBC/FT ;
  • La proposition de réformes de gouvernance ;
  • La coordination entre autorités nationales et internationales.
  1. Clés de succès du modèle marocain

Plusieurs facteurs expliquent la réussite du Maroc :

  • Engagement politique au plus haut niveau de l’Etat ;
  • Digitalisation de l’économie marocaine, ce qui permet d’avoir accès à la base de données de toutes les institutions ;
  • Sensibilisation et formation des acteurs concernés ;
  • Adhésion au Groupe Egmont (2011), renforçant la crédibilité internationale ;
  • Collaboration étroite avec les assujettis ;
  • Outil d’analyse GoAML pour des analyses opérationnelles et stratégiques efficaces ;
  • Système IT certifié ISO 27001.
  1. Évaluation Nationale des Risques (ENR) et Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE)

Le Maroc a déjà réalisé trois ENR, dont le dernier rapport sera bientôt publié. L’ENR est essentielle pour une stratégie basée sur les risques (Recommandation 1 du GAFI).

L’ANRF a également présenté son Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE), un outil clé pour la transparence financière, et a démontré son fonctionnement en direct.

  1. Perspectives et innovations de l’ANRF

L’ANRF mise sur :

  • Les enquêtes parallèles de l’ANRF ;
  • Les sanctions financières ciblées,
  • La digitalisation des services financiers ;
  • L’intelligence artificielle (IA) pour améliorer l’analyse des données ;
  • La régulation des cryptoactifs (conformément à la R15 du GAFI) ;
  • La dématérialisation des processus internes.
  1. Recommandations pour le Burundi

À l’issue des échanges, plusieurs pistes d’amélioration ont été proposées à la CNRF :

  • Accroitre le budget et les moyens de la CNRF ;
  • Élaborer un plan d’action basé sur les résultats de l’ENR ;
  • Définir une stratégie nationale LBC/FT ;
  • Adopter un outil d’échange d’informations sécurisé entre les acteurs du dispositif LBC/FT ;
  • Sensibiliser les assujettis secteur par secteur ;
  • Renforcer la coordination nationale et internationale ;
  • Disséminer la loi LBC/FT et les résultats de l’ENR ;
  • Légiférer sur les avoirs virtuels ;
  • Mettre en place un organe national de recouvrement des avoirs illicites ;
  • Mettre en place une plateforme interne (Intranet).

 

  1. Clôture et engagement futur

La visite s’est achevée par des discours de clôture et une photo de groupe, marquant l’engagement des deux pays à renforcer leur coopération dans la lutte contre les flux financiers illicites. Un protocole d’accord (MoU) est en préparation afin de formaliser cette collaboration.

Cette visite a permis à la CNRF de capitaliser sur l’expérience marocaine et de consolider ses propres mécanismes de LBC/FT, en vue d’une meilleure préparation à l’évaluation mutuelle et une meilleure conformité aux standards internationaux.

ATELIER DE SENSIBILISATION SUR LE ROLE DES PARLEMENTAIRES DANS LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

Bujumbura, 5 et 6 Mai 2025. L’Association des parlementaires burundais (APB) et le Réseau des parlementaires africains sur les flux financiers illicites et la fiscalité (APNIFFT), avec l’appui financier de la GIZ via la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), a organisé un atelier de sensibilisation pour renforcer les compétences des parlementaires burundais en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Ces activités ont été rehaussées par la participation de deux coordinateurs régionaux, membres du comité de pilotage du Réseau des parlementaires africains sur les flux financiers illicites et la fiscalité (APNIFFT – African Parliamentary Network on Illicit Financial Flows and Taxation), un programme phare placé sous la coordination du Tax Justice Network Africa (TJNA). Un représentant du TJNA était également présent. Ensemble, ils ont apporté des contributions particulièrement riches et informatives à travers différentes  présentations.

L’atelier a réuni une diversité d’acteurs institutionnels et non étatiques. Y ont participé des parlementaires membres de l’APB, également affiliés au Réseau des parlementaires africains sur les flux financiers illicites et la fiscalité (APNIFFT), ainsi que des représentants d’institutions nationales clés, notamment l’Office Burundais des Recettes, la police judiciaire, et la Cellule Nationale de Renseignement Financier, représentée par une délégation conduite par son Secrétaire permanent. La société civile et les médias étaient également représentés, témoignant de l’intérêt multisectoriel suscité par les thématiques abordées.

En effet, l’objectif de la dite atelier était de renforcer les capacités des parlementaires burundais dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en vue de promouvoir une gouvernance financière transparente, expliquer le rôle des parlementaires dans l’élaboration et le renforcement des lois visant à lutter contre le BC/FT, ainsi que le suivi de l’action gouvernementale pour promouvoir une gouvernance financière transparente.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du processus d’évaluation mutuelle du Burundi relatif à la mise en œuvre des normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Elle visait également à sensibiliser les parlementaires sur leur rôle essentiel dans l’harmonisation du cadre juridique national avec les exigences de la nouvelle législation, notamment la loi n° 08 du 27 mars 2025, portant modification de la loi n° 1/02 du 4 février 2008 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

En les outillant de manière adéquate, cette initiative permettra de les éveiller aux enjeux de conformité et d’efficacité, et de les impliquer activement dans l’amendement des lois existantes, afin de garantir leur alignement avec les standards internationaux.


Renforcement des capacités nationales en matière de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du terrorisme (LBC/FT) : Quatre jours de formation avec les experts de la Banque mondiale

Bujumbura, du 8 au 11 Avril 2025. Dans le cadre d’un renforcement institutionnel et réglementaire du dispositif national de Lutte Contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme, la Cellule Nationale du Renseignement Financier a organisé, avec l’appui financier de la Banque mondiale via le projet PRETE-NYUNGANIRA, un ensemble d’activités avec une structure en plusieurs sessions thématiques, visant à renforcer l’ensemble du dispositif LBC/FT du Burundi.

Pendant quatre jours, des acteurs clés de la chaîne de valeur LBC/FT  issus des institutions financières, des autorités de contrôle, les professionnels de la chaine pénale ainsi que des structures opérationnelles de lutte contre la criminalité financière ont pris part à ces ateliers, animés par des experts de la Banque mondiale.

L’ensemble de ces activités était axé sur les objectifs suivants :

  • La présentation des principales conclusions de l’Evaluation Nationale des Risques et recueillir les observations des experts ;
  • La finalisation des plans d’action sectoriels avec la participation des groupes de travail ;
  • Le début des travaux pour l’élaboration de la Stratégie Nationale LBC/FT ;
  • La définition de cadre de fonctionnement du Comité Consultatif LBC/FT ;
  • La formation des acteurs de la chaîne pénale sur les fondamentaux de la LBC/FT et leur rôle coordonné dans la lutte contre ces infractions.
  • La sensibilisation des autorités de supervision financière sur la mise en place d’une supervision LBC/FT basée sur les risques.

Les échanges ont permis de faire émerger des pistes concrètes d’amélioration, tant sur le plan de la supervision que sur celui de la coopération nationale. Les experts ont partagé des cas pratiques internationaux, des outils d’analyse de risques, ainsi que des recommandations adaptées au contexte local.

La CNRF réaffirme, à travers cette activité, son rôle central dans la coordination des efforts nationaux de LBC/FT, et entend poursuivre, avec ses partenaires, les actions de sensibilisation afin de se conformer aux standards internationaux de LBC/FT.

PARTICIPATION DU BURUNDI A LA 49ème REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL DES HAUTS FONCTIONNAIRES D’ESAAMLG A KAMPALA EN OUGANDA

Kampala Ouganda, 28 mars- 4 avril 2025. Une délégation burundaise a pris part à la 49ème Réunion du Groupe de Travail des Hauts Fonctionnaires de l’Eastern and Southern Africa Anti Money Laundering Group (ESAAMLG), tenue à Kampala en Ouganda. Elle était composée  d’une équipe de la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF), dirigée par son Secrétaire Permanent, de représentants du secteur public ainsi que du secteur privé.

Cette réunion stratégique a réuni les délégations des pays membres de l’ESAAMLG, et des institutions internationales coopératives d’ESAALMG, notamment l’UNODC, le FMI, les Etats Unis d’Amérique, UK – HM Treasury, la BAD, la SADC, EU AML/CFT Global Facility, Eurasian Group (EAG), RUSI, GIZ, COMESA et le GAFI pour échanger sur les progrès, défis et bonnes pratiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

La participation du Burundi à cette importante rencontre a permis de :

  • Suivre les travaux des différents groupes techniques, notamment sur les rapports des pays membres, la conformité technique et l’efficacité des régimes LBC/FT ;
  • Partager l’expérience du Burundi dans la mise en œuvre des recommandations du GAFI ;
  • Identifier les priorités régionales communes et les axes d’amélioration pour les systèmes nationaux de LBC/FT.

A l’issue de cette réunion, des leçons importantes, notamment en lien avec la préparation de la première Evaluation Mutuelle du Burundi prévue à partir du mois de juin 2025 ont été tirées. Il est ressorti que la poursuite de la mise en œuvre des recommandations de la Mission de Haut Niveau constitue une étape essentielle pour réussir cette évaluation.

En marge de cette réunion, un Mémorandum d’Entente (MdE) a été signé entre la CNRF et son homologue du Royaume d’Eswatini. Cet accord marque une étape cruciale dans le renforcement de la coopération régionale en matière de partage de renseignements financiers, contribuant ainsi à l’efficacité des investigations transfrontalières et à la consolidation du réseau régional de LBC/FT.

Dans le combat de LBC/FT, la CNRF reste engagée à intensifier ses efforts pour améliorer la conformité du Burundi aux normes internationales du GAFI, en s’appuyant sur les enseignements tirés lors de cette réunion et les partenariats stratégiques noués au niveau régional.


Participation de deux membres de la Cellule Nationale du Renseignement Financier à la Formation Régionale des Évaluateurs de l’Eastern and Southern Africa Anti Money Laundering Group (ESAAMLG)

Johannesburg, Afrique du Sud, du 3 au 7 mars 2025. Dans le cadre des préparatifs du troisième cycle des évaluations mutuelles de l’ESAAMLG, prévu à partir de juin 2025, une formation régionale des évaluateurs s’est tenue à Johannesburg, Afrique du Sud, du 3 au 7 mars 2025. Cette session, organisée par le Secrétariat de l’ESAAMLG avec l’appui de la GIZ et en collaboration avec le Financial Intelligence Centre (FIC), visait à doter les pays membres de ressources humaines qualifiées pour conduire les futures évaluations de conformité aux normes internationales LBC/FT/FP.

Etaient présents à la dite formation des représentants des pays membres de l’ESAAMLG, des représentants du Secrétariat de l’ESAAMLG et de la GIZ. Le Burundi, à travers la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF), a désigné deux représentants.

Durant cinq jours, les participants ont été formés aux dernières évolutions des Recommandations du GAFI et à la méthodologie d’évaluation. La formation a combiné des modules théoriques et pratiques couvrant notamment le processus d’évaluation mutuelle, l’analyse du risque et du contexte, l’évaluation de la conformité technique, l’évaluation de l’efficacité à travers les 11 résultats immédiats, la collecte de données statistiques, la conduite d’entretiens, ainsi que la rédaction et la présentation du rapport d’évaluation mutuelle.

Les deux représentants burundais ont activement participé aux travaux et ont été identifiés parmi les évaluateurs potentiels du prochain cycle. Cette mission constitue une étape clé dans la préparation du pays à sa propre évaluation, et renforce son engagement au sein du réseau régional.

La Cellule Nationale du Renseignement Financier représente le Burundi à l’atelier régional, sur l’évaluation des risques de Blanchiment de Capitaux et de Financement du Terrorisme liés aux Bénéficiaires Effectifs

CapeTown, Afrique du Sud 25-28 Février. Le Burundi, à travers la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF),  a désigné 2 représentants qui ont activement participé à l’atelier régional de formation des formateurs sur la boîte à outils, pour évaluer les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (BC/FT) en lien avec les bénéficiaires effectifs des personnes morales et des arrangements juridiques.

Cet atelier régional était organisé par le Secrétariat du Groupe de lutte contre le blanchiment de capitaux en Afrique de l’Est et du Sud (ESAAMLG) en collaboration avec le Dispositif Mondial de l’Union Européenne contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (EU AML/CFT Global Facility), financé par la Coopération allemande internationale pour le développement (GIZ) et soutenu par le Centre de Renseignement Financier d’Afrique du Sud (FIC), du 25 au 28 Février 2025 à Cape Town en Afrique du Sud.

Elle visait à renforcer les capacités des autorités nationales à mieux identifier, évaluer et atténuer les risques spécifiques liés aux bénéficiaires effectifs, conformément aux recommandations internationales en matière de transparence et de lutte contre le BC/FT, plus spécifiquement les recommandations 24 et 25 du Groupe d’Action Financière (GAFI).

Les participants à la dite atelier étaient des représentants de plusieurs pays membres de l’ESAAMLG, à savoir, l’Angola, l’Afrique du Sud, le Botswana, le Burundi, le Kenya, l’Eswatini, le Malawi, la Mauritanie, les Iles Seychelles, la Namibie, la Zambie, le Sud Soudan, la République Démocratique du Congo et le Madagascar. Etaient aussi présents à l’atelier des représentants du Secrétariat de l’ESAAMLG, de l’EU AML/CFT Global Facility et de la GIZ.

La participation du Burundi à cet événement régional témoigne de son engagement continu à aligner son dispositif national sur les normes internationales et à promouvoir la transparence dans les structures juridiques pouvant être exploitées à des fins illicites. La boîte à outils présentée durant l’atelier constitue un instrument stratégique pour permettre aux États membres de l’ESAAMLG, de mener des évaluations efficaces des risques, et d’élaborer des réponses ciblées et proportionnées.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de renforcement du système national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et traduit la volonté du Burundi de contribuer activement à la sécurité financière régionale et internationale.