Blog

Visite d’étude entre la CNRF du Burundi et l’ANRF du Maroc : Renforcement des capacités en matière de LBC/FT

Rabat, Royaume du Maroc – Du 13 au 15 mai 2025, une délégation de la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CNRF) du Burundi a effectué une visite d’étude à l’Autorité Nationale du Renseignement Financier (ANRF) du Royaume du Maroc dans le cadre d’un échange d’expériences et de bonnes pratiques en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

  1. Cérémonie d’ouverture et coopération renforcée entre le Burundi et le Maroc

La visite a été officiellement ouverte par le Conseiller du Président de l’ANRF, suivi du Secrétaire Permanent de la CNRF. Le Conseiller a souligné les excellentes relations de coopération entre le Burundi et le Maroc, rappelant que les deux pays renforcent leurs liens diplomatiques depuis l’ouverture de l’ambassade du Burundi au Maroc en 2015 et celle du Maroc au Burundi en 2021.

Le Secrétaire Permanent de la CNRF a exprimé sa gratitude pour cet échange, soulignant que cette visite était une opportunité d’apprentissage pour la CNRF, une jeune institution de seulement trois ans, face à l’expérience avancée du Maroc en matière de LBC/FT.

  1. Panorama du dispositif marocain de LBC/FT

L’ANRF a présenté son dispositif national, basé sur la loi 43-05 (2007) et ses amendements ultérieurs. Le Maroc a déjà subi deux évaluations mutuelles par le GAFIMOAN (2007 et 2017) et se prépare pour une troisième en 2026. Avec 39 recommandations du GAFI sur 40 respectées, le pays ne rencontre des difficultés que sur la Recommandation 15 (avoirs virtuels), en cours de régularisation.

L’ANRF joue un rôle central dans la coordination nationale, avec un Conseil regroupant toutes les parties prenantes. Ses missions incluent :

  • L’élaboration de stratégies et d’avis en LBC/FT ;
  • La proposition de réformes de gouvernance ;
  • La coordination entre autorités nationales et internationales.
  1. Clés de succès du modèle marocain

Plusieurs facteurs expliquent la réussite du Maroc :

  • Engagement politique au plus haut niveau de l’Etat ;
  • Digitalisation de l’économie marocaine, ce qui permet d’avoir accès à la base de données de toutes les institutions ;
  • Sensibilisation et formation des acteurs concernés ;
  • Adhésion au Groupe Egmont (2011), renforçant la crédibilité internationale ;
  • Collaboration étroite avec les assujettis ;
  • Outil d’analyse GoAML pour des analyses opérationnelles et stratégiques efficaces ;
  • Système IT certifié ISO 27001.
  1. Évaluation Nationale des Risques (ENR) et Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE)

Le Maroc a déjà réalisé trois ENR, dont le dernier rapport sera bientôt publié. L’ENR est essentielle pour une stratégie basée sur les risques (Recommandation 1 du GAFI).

L’ANRF a également présenté son Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE), un outil clé pour la transparence financière, et a démontré son fonctionnement en direct.

  1. Perspectives et innovations de l’ANRF

L’ANRF mise sur :

  • Les enquêtes parallèles de l’ANRF ;
  • Les sanctions financières ciblées,
  • La digitalisation des services financiers ;
  • L’intelligence artificielle (IA) pour améliorer l’analyse des données ;
  • La régulation des cryptoactifs (conformément à la R15 du GAFI) ;
  • La dématérialisation des processus internes.
  1. Recommandations pour le Burundi

À l’issue des échanges, plusieurs pistes d’amélioration ont été proposées à la CNRF :

  • Accroitre le budget et les moyens de la CNRF ;
  • Élaborer un plan d’action basé sur les résultats de l’ENR ;
  • Définir une stratégie nationale LBC/FT ;
  • Adopter un outil d’échange d’informations sécurisé entre les acteurs du dispositif LBC/FT ;
  • Sensibiliser les assujettis secteur par secteur ;
  • Renforcer la coordination nationale et internationale ;
  • Disséminer la loi LBC/FT et les résultats de l’ENR ;
  • Légiférer sur les avoirs virtuels ;
  • Mettre en place un organe national de recouvrement des avoirs illicites ;
  • Mettre en place une plateforme interne (Intranet).

 

  1. Clôture et engagement futur

La visite s’est achevée par des discours de clôture et une photo de groupe, marquant l’engagement des deux pays à renforcer leur coopération dans la lutte contre les flux financiers illicites. Un protocole d’accord (MoU) est en préparation afin de formaliser cette collaboration.

Cette visite a permis à la CNRF de capitaliser sur l’expérience marocaine et de consolider ses propres mécanismes de LBC/FT, en vue d’une meilleure préparation à l’évaluation mutuelle et une meilleure conformité aux standards internationaux.

ATELIER DE SENSIBILISATION SUR LE ROLE DES PARLEMENTAIRES DANS LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

Bujumbura, 5 et 6 Mai 2025. L’Association des parlementaires burundais (APB) et le Réseau des parlementaires africains sur les flux financiers illicites et la fiscalité (APNIFFT), avec l’appui financier de la GIZ via la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), a organisé un atelier de sensibilisation pour renforcer les compétences des parlementaires burundais en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Ces activités ont été rehaussées par la participation de deux coordinateurs régionaux, membres du comité de pilotage du Réseau des parlementaires africains sur les flux financiers illicites et la fiscalité (APNIFFT – African Parliamentary Network on Illicit Financial Flows and Taxation), un programme phare placé sous la coordination du Tax Justice Network Africa (TJNA). Un représentant du TJNA était également présent. Ensemble, ils ont apporté des contributions particulièrement riches et informatives à travers différentes  présentations.

L’atelier a réuni une diversité d’acteurs institutionnels et non étatiques. Y ont participé des parlementaires membres de l’APB, également affiliés au Réseau des parlementaires africains sur les flux financiers illicites et la fiscalité (APNIFFT), ainsi que des représentants d’institutions nationales clés, notamment l’Office Burundais des Recettes, la police judiciaire, et la Cellule Nationale de Renseignement Financier, représentée par une délégation conduite par son Secrétaire permanent. La société civile et les médias étaient également représentés, témoignant de l’intérêt multisectoriel suscité par les thématiques abordées.

En effet, l’objectif de la dite atelier était de renforcer les capacités des parlementaires burundais dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en vue de promouvoir une gouvernance financière transparente, expliquer le rôle des parlementaires dans l’élaboration et le renforcement des lois visant à lutter contre le BC/FT, ainsi que le suivi de l’action gouvernementale pour promouvoir une gouvernance financière transparente.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du processus d’évaluation mutuelle du Burundi relatif à la mise en œuvre des normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Elle visait également à sensibiliser les parlementaires sur leur rôle essentiel dans l’harmonisation du cadre juridique national avec les exigences de la nouvelle législation, notamment la loi n° 08 du 27 mars 2025, portant modification de la loi n° 1/02 du 4 février 2008 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

En les outillant de manière adéquate, cette initiative permettra de les éveiller aux enjeux de conformité et d’efficacité, et de les impliquer activement dans l’amendement des lois existantes, afin de garantir leur alignement avec les standards internationaux.


Renforcement des capacités nationales en matière de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du terrorisme (LBC/FT) : Quatre jours de formation avec les experts de la Banque mondiale

Bujumbura, du 8 au 11 Avril 2025. Dans le cadre d’un renforcement institutionnel et réglementaire du dispositif national de Lutte Contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme, la Cellule Nationale du Renseignement Financier a organisé, avec l’appui financier de la Banque mondiale via le projet PRETE-NYUNGANIRA, un ensemble d’activités avec une structure en plusieurs sessions thématiques, visant à renforcer l’ensemble du dispositif LBC/FT du Burundi.

Pendant quatre jours, des acteurs clés de la chaîne de valeur LBC/FT  issus des institutions financières, des autorités de contrôle, les professionnels de la chaine pénale ainsi que des structures opérationnelles de lutte contre la criminalité financière ont pris part à ces ateliers, animés par des experts de la Banque mondiale.

L’ensemble de ces activités était axé sur les objectifs suivants :

  • La présentation des principales conclusions de l’Evaluation Nationale des Risques et recueillir les observations des experts ;
  • La finalisation des plans d’action sectoriels avec la participation des groupes de travail ;
  • Le début des travaux pour l’élaboration de la Stratégie Nationale LBC/FT ;
  • La définition de cadre de fonctionnement du Comité Consultatif LBC/FT ;
  • La formation des acteurs de la chaîne pénale sur les fondamentaux de la LBC/FT et leur rôle coordonné dans la lutte contre ces infractions.
  • La sensibilisation des autorités de supervision financière sur la mise en place d’une supervision LBC/FT basée sur les risques.

Les échanges ont permis de faire émerger des pistes concrètes d’amélioration, tant sur le plan de la supervision que sur celui de la coopération nationale. Les experts ont partagé des cas pratiques internationaux, des outils d’analyse de risques, ainsi que des recommandations adaptées au contexte local.

La CNRF réaffirme, à travers cette activité, son rôle central dans la coordination des efforts nationaux de LBC/FT, et entend poursuivre, avec ses partenaires, les actions de sensibilisation afin de se conformer aux standards internationaux de LBC/FT.

PARTICIPATION DU BURUNDI A LA 49ème REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL DES HAUTS FONCTIONNAIRES D’ESAAMLG A KAMPALA EN OUGANDA

Kampala Ouganda, 28 mars- 4 avril 2025. Une délégation burundaise a pris part à la 49ème Réunion du Groupe de Travail des Hauts Fonctionnaires de l’Eastern and Southern Africa Anti Money Laundering Group (ESAAMLG), tenue à Kampala en Ouganda. Elle était composée  d’une équipe de la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF), dirigée par son Secrétaire Permanent, de représentants du secteur public ainsi que du secteur privé.

Cette réunion stratégique a réuni les délégations des pays membres de l’ESAAMLG, et des institutions internationales coopératives d’ESAALMG, notamment l’UNODC, le FMI, les Etats Unis d’Amérique, UK – HM Treasury, la BAD, la SADC, EU AML/CFT Global Facility, Eurasian Group (EAG), RUSI, GIZ, COMESA et le GAFI pour échanger sur les progrès, défis et bonnes pratiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

La participation du Burundi à cette importante rencontre a permis de :

  • Suivre les travaux des différents groupes techniques, notamment sur les rapports des pays membres, la conformité technique et l’efficacité des régimes LBC/FT ;
  • Partager l’expérience du Burundi dans la mise en œuvre des recommandations du GAFI ;
  • Identifier les priorités régionales communes et les axes d’amélioration pour les systèmes nationaux de LBC/FT.

A l’issue de cette réunion, des leçons importantes, notamment en lien avec la préparation de la première Evaluation Mutuelle du Burundi prévue à partir du mois de juin 2025 ont été tirées. Il est ressorti que la poursuite de la mise en œuvre des recommandations de la Mission de Haut Niveau constitue une étape essentielle pour réussir cette évaluation.

En marge de cette réunion, un Mémorandum d’Entente (MdE) a été signé entre la CNRF et son homologue du Royaume d’Eswatini. Cet accord marque une étape cruciale dans le renforcement de la coopération régionale en matière de partage de renseignements financiers, contribuant ainsi à l’efficacité des investigations transfrontalières et à la consolidation du réseau régional de LBC/FT.

Dans le combat de LBC/FT, la CNRF reste engagée à intensifier ses efforts pour améliorer la conformité du Burundi aux normes internationales du GAFI, en s’appuyant sur les enseignements tirés lors de cette réunion et les partenariats stratégiques noués au niveau régional.


Participation de deux membres de la Cellule Nationale du Renseignement Financier à la Formation Régionale des Évaluateurs de l’Eastern and Southern Africa Anti Money Laundering Group (ESAAMLG)

Johannesburg, Afrique du Sud, du 3 au 7 mars 2025. Dans le cadre des préparatifs du troisième cycle des évaluations mutuelles de l’ESAAMLG, prévu à partir de juin 2025, une formation régionale des évaluateurs s’est tenue à Johannesburg, Afrique du Sud, du 3 au 7 mars 2025. Cette session, organisée par le Secrétariat de l’ESAAMLG avec l’appui de la GIZ et en collaboration avec le Financial Intelligence Centre (FIC), visait à doter les pays membres de ressources humaines qualifiées pour conduire les futures évaluations de conformité aux normes internationales LBC/FT/FP.

Etaient présents à la dite formation des représentants des pays membres de l’ESAAMLG, des représentants du Secrétariat de l’ESAAMLG et de la GIZ. Le Burundi, à travers la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF), a désigné deux représentants.

Durant cinq jours, les participants ont été formés aux dernières évolutions des Recommandations du GAFI et à la méthodologie d’évaluation. La formation a combiné des modules théoriques et pratiques couvrant notamment le processus d’évaluation mutuelle, l’analyse du risque et du contexte, l’évaluation de la conformité technique, l’évaluation de l’efficacité à travers les 11 résultats immédiats, la collecte de données statistiques, la conduite d’entretiens, ainsi que la rédaction et la présentation du rapport d’évaluation mutuelle.

Les deux représentants burundais ont activement participé aux travaux et ont été identifiés parmi les évaluateurs potentiels du prochain cycle. Cette mission constitue une étape clé dans la préparation du pays à sa propre évaluation, et renforce son engagement au sein du réseau régional.

La Cellule Nationale du Renseignement Financier représente le Burundi à l’atelier régional, sur l’évaluation des risques de Blanchiment de Capitaux et de Financement du Terrorisme liés aux Bénéficiaires Effectifs

CapeTown, Afrique du Sud 25-28 Février. Le Burundi, à travers la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF),  a désigné 2 représentants qui ont activement participé à l’atelier régional de formation des formateurs sur la boîte à outils, pour évaluer les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (BC/FT) en lien avec les bénéficiaires effectifs des personnes morales et des arrangements juridiques.

Cet atelier régional était organisé par le Secrétariat du Groupe de lutte contre le blanchiment de capitaux en Afrique de l’Est et du Sud (ESAAMLG) en collaboration avec le Dispositif Mondial de l’Union Européenne contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (EU AML/CFT Global Facility), financé par la Coopération allemande internationale pour le développement (GIZ) et soutenu par le Centre de Renseignement Financier d’Afrique du Sud (FIC), du 25 au 28 Février 2025 à Cape Town en Afrique du Sud.

Elle visait à renforcer les capacités des autorités nationales à mieux identifier, évaluer et atténuer les risques spécifiques liés aux bénéficiaires effectifs, conformément aux recommandations internationales en matière de transparence et de lutte contre le BC/FT, plus spécifiquement les recommandations 24 et 25 du Groupe d’Action Financière (GAFI).

Les participants à la dite atelier étaient des représentants de plusieurs pays membres de l’ESAAMLG, à savoir, l’Angola, l’Afrique du Sud, le Botswana, le Burundi, le Kenya, l’Eswatini, le Malawi, la Mauritanie, les Iles Seychelles, la Namibie, la Zambie, le Sud Soudan, la République Démocratique du Congo et le Madagascar. Etaient aussi présents à l’atelier des représentants du Secrétariat de l’ESAAMLG, de l’EU AML/CFT Global Facility et de la GIZ.

La participation du Burundi à cet événement régional témoigne de son engagement continu à aligner son dispositif national sur les normes internationales et à promouvoir la transparence dans les structures juridiques pouvant être exploitées à des fins illicites. La boîte à outils présentée durant l’atelier constitue un instrument stratégique pour permettre aux États membres de l’ESAAMLG, de mener des évaluations efficaces des risques, et d’élaborer des réponses ciblées et proportionnées.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de renforcement du système national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et traduit la volonté du Burundi de contribuer activement à la sécurité financière régionale et internationale.

Sensibilisation des acteurs de la chaîne de valeur dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme au Burundi sur le processus d’évaluation mutuelle.

Bujumbura, du 4 au 6 Février 2025,  dans le cadre des préparatifs du Burundi à l’évaluation mutuelle menée par le Groupe Anti-Blanchiment de l’Afrique Orientale et Australe (ESAAMLG), un atelier de sensibilisation a été organisé par la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF) à l’endroit des acteurs clés de la chaîne de valeur de la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux, le Financement du Terrorisme et le Financement de la Prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP). Cet événement stratégique était animé par une équipe d’experts de l’ESAAMLG.

L’objectif principal de cet atelier était de renforcer la compréhension des parties prenantes sur le processus d’évaluation mutuelle, un exercice crucial qui permet d’évaluer la conformité technique et l’efficacité du pays aux standards internationaux établis par le Groupe d’Action Financière (GAFI). Cette sensibilisation vise à assurer une meilleure préparation du Burundi afin de répondre efficacement aux exigences de l’évaluation et d’améliorer son dispositif national de lutte contre la criminalité financière.

Les participants à cet atelier étaient des représentants des institutions publiques et privées, les autorités de régulation et de supervision du secteur financier, les organismes de contrôle, ainsi que les parties prenantes de la chaine pénale. À travers des échanges interactifs et des présentations d’experts, les participants ont eu l’occasion d’approfondir leurs connaissances sur les bonnes pratiques et les attentes du processus d’évaluation mutuelle.

Rencontre avec les hauts cadres des institutions gouvernementales clés dans la LBC/FT

Lors du dernier jour de l’atelier, les experts d’ESAAMLG ont eu l’occasion de s’entretenir avec les hauts cadres des Institutions du Gouvernement, notamment le Commissaire Général de l’OBR, le Directeur Général de l’ARMC, le Directeur Général de la LONA, la Présidente de la Cour Anti-Corruption ainsi que le Directeur Général de l’ARCT et bien d’autres.  À cette occasion, les experts leur ont présenté de manière concise et précise le processus d’Évaluation Mutuelle auquel le Burundi se prépare prochainement, en soulignant leur rôle stratégique dans cette démarche.

Le Burundi, en tant que membre de l’ESAAMLG, est engagé dans le renforcement de son dispositif LBC/FT/FP en conformité avec les recommandations du GAFI. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de coopération internationale visant à garantir l’intégrité du système financier et à lutter efficacement contre les menaces liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

DES EXPERTS D’ESAAMLG AU BURUNDI : Renforcement des capacités des acteurs de la chaine de valeur dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sur le processus d’Evaluation Mutuelle

Bujumbura 13-17 Janvier 2025. Dans le cadre des préparatifs du Burundi à l’Evaluation Mutuelle prévue en Juin 2025, avec l’appui financier de la Banque Mondiale via le Projet pour l’Emploi et la Transformation Economique (PRETE)-Nyunganira, la Cellule Nationale du Renseignement Financier a organisé une formation ,en dates du 13 au 17 Janvier 2025, dispensée par une équipe d’experts du Groupe de lutte contre le blanchiment d’argent d’Afrique de l’Est et d’Afrique Australe (ESAAMLG), qui est un organisme régional qui souscrit aux normes mondiales de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération (LBC/FT/P).

Cette formation s’inscrit également dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations du Groupe d’Action Financière (GAFI), un organisme intergouvernemental chargé de développer, de promouvoir et de suivre l’application des normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération (LBC/FT/P). Ces recommandations servent de référence pour évaluer les performances des pays dans ces domaines, notamment à travers des processus d’« Évaluations Mutuelles ».

En effet, ladite formation avait pour principal objectif de fournir aux participants des connaissances relatives au processus d’évaluation mutuelle, les modalités de sa conduite et les points ciblés par ce dernier.
Les participants à cette formation étaient des représentants de la CNRF, de la Banque Centrale, du Ministère des Finances, des services de sécurité, de justice, des autorités de régulation, les médias et la société civile. La présence de ces participants clé de la chaine de valeur a permis un dialogue constructif et la mise en place d’une stratégie coordonnée pour aborder les défis rencontrés dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme (LBC/FT).

Au cours de cette formation, chaque participant, représentant son secteur d’activité, a pu appréhender l’importance de la complémentarité entre les différents secteurs concernés. Cette approche a permis de mettre en lumière le rôle stratégique de chaque secteur dans le cadre de l’évaluation mutuelle, notamment pour examiner la conformité technique et l’efficacité des dispositifs mis en place en matière de LBC/FT au Burundi.

Cette initiative revêt d’une importance capitale à l’approche de l’évaluation mutuelle du Burundi et constitue une opportunité stratégique pour renforcer les capacités nationales et positionner le Burundi comme un acteur engagé dans la lutte contre les flux financiers illicites à l’échelle nationale et internationale.

La GIZ en mission au Burundi : Vers un renforcement de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme

Bujumbura, 18-19 décembre 2024― La Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF) en collaboration avec la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), a organisé un atelier d’évaluation des besoins d’assistance technique le 18 décembre 2024, à King’s Conference Centre, Bujumbura et des visites ciblées aux institutions partenaires le 19 décembre 2024. Ces événements visaient à évaluer les besoins d’assistance technique du Burundi dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).  

L’atelier a réuni des membres de la délégation de la GIZ, une équipe de la CNRF dirigée par son Secrétaire Permanent, Jean Baptiste BUTOYI, ainsi que des représentants des institutions clés engagées dans la LBC/FT. Monsieur Damas BAKURANIMANA, Secrétaire Permanent chargé de la planification et de la coopération économique et financière, a également honoré l’événement de sa présence.  

Des interventions axées sur le renforcement des capacités  

Après les discours d’ouverture, trois présentations majeures ont marqué l’atelier :  

  1. Présentation de la CNRF : Cette intervention a exploré la genèse, les défis, et les perspectives d’avenir de cette institution essentielle dans la lutte contre les flux financiers illicites ;  
  2. Mission et appui technique de la GIZ : La délégation a mis en avant le rôle du projet SECFIN AFRICA, qui prévoit un soutien technique et financier pour les institutions concernées ;
  3. Évaluation des besoins de la CNRF : Cette présentation a mis en lumière les lacunes identifiées lors de l’évaluation nationale des risques (ENR) de BC/FT au Burundi, notamment :  
  4. Un cadre légal et réglementaire insuffisant ;
  5. L’absence de systèmes d’identification fiables ;
  6. Une CNRF non pleinement opérationnelle ;
  7.  Une méconnaissance de la LBC/FT parmi les institutions concernées ;
  8.  L’absence de stratégie nationale ;
  9. Une digitalisation insuffisante dans le secteur des assurances ;
  10. Une inefficacité dans la détection et le signalement des opérations suspectes.  

 Une visite stratégique des agences nationales  

Le 19 décembre 2024, la mission GIZ a effectué une visite des agences nationales impliquées dans la LBC/FT. Cette démarche visait à identifier les opportunités et défis propres à chaque institution afin de formuler des approches ciblées et adaptées.  

 Un partenariat prometteur pour un Burundi aligné sur les normes internationales  

Cette mission et les échanges qui en ont découlé marquent une étape stratégique dans le renforcement des capacités nationales pour prévenir et combattre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ainsi que les flux financiers illicites. Ils témoignent également de la détermination du Burundi à s’aligner sur les normes internationales établies par le Groupe d’Action Financière (GAFI), tout en affirmant son rôle au sein des efforts régionaux et internationaux de gouvernance financière transparente et efficace.  

Participation de la CNRF au Lancement Officiel du Projet PRETE-Nyunganira au Burundi

Le vendredi 4 octobre 2024, le Président de la République du Burundi, Son Excellence Evariste Ndayishimiye, a officiellement lancé les activités du Projet pour lEmploi et la Transformation Économique du Burundi (PRETE) – Nyunganira, soutenu par la Banque Mondiale. Les cérémonies ont eu lieu dans la commune de Mpanda, située dans la province de Bubanza, en présence de Madame Hawa Cissé Wagué, Représentante Résidente de la Banque Mondiale au Burundi, des élus de la province Bubanza ainsi que quelques membres du Gouvernement dont le Ministre ayant les Finances dans ses attributions.

Invitée à ces cérémonies, en tant que l’une des institutions bénéficiaires de ce projet, la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF) était représentée par son Secrétaire Permanent, Dr Innocent BANO (PhD), accompagné par trois cadres de la CNRF dont celui chargé de l’Informatique et de la lutte contre la Cybercriminalité, celui en charge de la coordination nationale et de la coopération internationale, et celui en charge de la communication.

Le projet PRETE-Nyunganira, financé par la Banque Mondiale à hauteur de 100 millions de dollars américains, sera mis en œuvre sur une période de cinq ans. Il vise à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) engagées dans la production et la transformation, en ciblant tant les marchés locaux qu’internationaux. L’initiative prévoit également un appui aux banques et aux institutions de microfinance pour faciliter l’accès au crédit de ces entreprises, tout en impliquant diverses autres institutions telles que l’ADB, l’OBM, la CNRF, le CFCIB, l’ARCA, entre autres, pour garantir le succès du projet.

Le projet va accorder une attention particulière à l’inclusion des femmes, avec environ plus de 50 % des bénéficiaires provenant d’associations féminines entrepreneuriales. En mobilisant les ressources disponibles et en renforçant les capacités locales, le PRETE ambitionne de stimuler le développement socio-économique du Burundi et de renforcer la résilience de ses acteurs économiques.