Bujumbura du 20 au 24 Avril 2026- Le Secrétariat de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG), en collaboration avec la Cellule Nationale de Renseignement Financier du Burundi (CNRF), et avec l’appui financier de la Banque Africaine de Développement dans le cadre du projet ES-CAD-AML, a organisé une formation spécialisée sur la supervision basée sur les risques (Risk-Based Supervision – RBS) en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), à l’intention des superviseurs des institutions financières du Burundi.
Cette formation a réuni les autorités de régulation et de supervision des Institutions Financières (IFs) en l’occurrence la Banque de la République du Burundi (BRB), l’Agence de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA), l’Autorité de Régulation des Marchés de Capitaux (ARMC), ainsi que des représentants de la CNRF. Cette participation multisectorielle a permis de promouvoir une approche coordonnée et cohérente de la supervision LBC/FT au niveau national.
Animée par des experts de l’ESAAMLG issus du Kenya, de l’Éthiopie, du Malawi et du Royaume d’Eswatini, cette session a permis de partager des expériences pratiques et des outils opérationnels en matière de supervision fondée sur les risques.
L’objectif principal de cette formation était de renforcer les capacités techniques et opérationnelles des autorités de supervision en matière de LBC/FT, en facilitant la transition d’une approche traditionnelle centrée sur la conformité vers une approche fondée sur les risques. Contrairement à la supervision basée sur la conformité, qui vérifie essentiellement le respect des obligations réglementaires, la supervision basée sur les risques repose sur une évaluation dynamique et prospective des risques de LBC/FT, tant au niveau sectoriel qu’au niveau institutionnel.
Dans ce cadre, les participants ont été formés, entre autres, à :
- l’identification et l’évaluation des risques inhérents aux différents secteurs financiers ;
- l’analyse des profils de risque des institutions financières en tenant compte de facteurs tels que la nature des produits, la typologie de la clientèle, les canaux de distribution et les zones géographiques d’exposition ;
- la mise en place d’outils de notation et de classification des risques permettant de hiérarchiser les priorités de supervision ;
- l’élaboration de plans de supervision proportionnés, intégrant des contrôles sur pièces et des missions d’inspection sur place ciblées ;
- l’évaluation de l’efficacité des dispositifs internes de LBC/FT, notamment les mécanismes de connaissance du client (KYC), de vigilance à l’égard de la clientèle (CDD/EDD) et de surveillance des transactions.
Cette approche permet aux autorités de supervision d’optimiser l’allocation de leurs ressources en concentrant leurs efforts sur les institutions et les activités présentant les risques les plus élevés, conformément aux recommandations du Groupe d’action financière (GAFI).
En définitive, cette formation contribue à renforcer le dispositif national de LBC/FT du Burundi, en améliorant la capacité des autorités compétentes à prévenir, détecter et atténuer les risques de criminalité financière. Elle favorise également une meilleure coordination entre les différentes autorités de régulation et de supervision, condition indispensable pour assurer l’efficacité globale du système et sa conformité aux normes internationales.




