VERS UN BURUNDI ÉMERGENT : LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME AU CŒUR DE LA TRANSFORMATION NATIONALE

Le mardi 2 décembre 2025, l’Hôtel Club du Lac Tanganyika a accueilli un rendez-vous majeur pour la gouvernance économique du pays : la Conférence Nationale sur la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT) et de dissémination des résultats de l’Evaluation Nationale des Risques (ENR) de BC/FT, organisée sous le Haut Patronage du Premier Ministre burundais, Monsieur Nestor NTAHONTUYE. Un évènement d’envergure nationale qui s’inscrit au cœur de la vision « Burundi pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 ».

Dans leurs allocutions d’ouverture, le représentant du Gouverneur de la province de Bujumbura, le représentant de la Banque mondiale et le Ministre des Finances ont rappelé, avec force, la volonté politique du Burundi de combattre les flux financiers illicites, de renforcer la transparence économique et de consolider la stabilité du système financier.
Cette conférence, qui a réuni les plus hautes autorités du pays, des anciens dirigeants, des diplomates, les institutions de supervision, les experts nationaux et internationaux, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires au développement, marque une étape décisive dans la mobilisation nationale autour de la LBC/FT.

Un objectif clair : diffuser, comprendre et s’approprier les résultats de l’ENR

L’évènement visait principalement la dissémination des résultats de l’Évaluation Nationale des Risques (ENR) de BC/FT, ainsi que leur appropriation par l’ensemble des acteurs.
Pour contextualiser ces enjeux, la Conférence a proposé quatre présentations clés :

  1. Le rôle et le contexte de création de la CNRF

Les intervenants ont rappelé les missions de la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), les mécanismes nationaux de prévention, de détection et de répression, les efforts de coopération ainsi que les défis persistants, notamment institutionnels et opérationnels.

  1. Le lien stratégique entre la LBC/FT et la Vision 2040–2060

La lutte contre la criminalité financière apparaît désormais comme un levier majeur de gouvernance, soutenant les cinq piliers de la Vision nationale : engagement de l’État, efficacité économique, équité sociale, durabilité écologique et partenariats solides.

  1. Les résultats de l’ENR de BC/FT

L’évaluation révèle un risque global élevé, tant pour le blanchiment que pour le financement du terrorisme.
Parmi les menaces les plus importantes figurent :

  • la fraude fiscale et douanière,
  • le détournement de fonds,
  • la corruption,
  • le trafic de minéraux,
  • le trafic de drogues,
  • la traite des êtres humains.

Des vulnérabilités institutionnelles et sectorielles persistent, notamment dans les secteurs bancaire, immobilier et de la microfinance, ainsi que des lacunes juridiques et opérationnelles — comme l’absence d’une stratégie nationale fondée sur les risques ou la mise en œuvre insuffisante des obligations LBC/FT.

  1. Les risques liés au financement du terrorisme

Également jugé élevé, ce risque est aggravé par la proximité avec des zones instables en RDC, la porosité des frontières et l’absence d’un cadre législatif complet pour appliquer les résolutions 1267 et 1373 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Panels d’experts et échange constructif

Pour enrichir les discussions, trois panels ont permis d’aborder :

  • les défis actuels de la LBC/FT,
  • la dissémination technique des résultats de l’ENR,
  • les bonnes pratiques observées dans le cadre de l’Évaluation Mutuelle.

Parmi les intervenants à ces panels figuraient notamment des experts internationaux en matière de LBC/FT, dont :

  • Tom Malikebu, Expert Financier de l’ESAAMLG ;
  • Wilfried P. HOUEDOKOU, Secrétaire Général de la CENTIF Bénin (Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières) ;
  • Nivesh Ritoo, Financial Intelligence Analyst à la CRF de Maurice

Les participants ont pu poser des questions aux intervenants, ouvrant la voie à un dialogue technique constructif et à une meilleure compréhension des priorités nationales.

Des recommandations ambitieuses pour renforcer le dispositif nationale LBC/FT

Parmi les principales orientations retenues figurent :

  • l’élaboration d’une stratégie nationale LBC/FT fondée sur les risques ;
  • la modernisation du cadre juridique ;
  • l’opérationnalisation totale de la CNRF ;
  • la création d’une autorité nationale de coordination des efforts LBC/FT ;
  • la mise en place d’un tribunal spécialisé ainsi qu’une agence de gestion des avoirs criminels ;
  • le renforcement des capacités humaines et matérielles des acteurs répressifs et préventifs.

Ces actions constituent le socle d’un dispositif robuste et crédible aux yeux des partenaires internationaux.

Un message fort du Premier Ministre : la LBC/FT, un pilier pour un Burundi émergent

Dans son discours très attendu, Son Excellence Monsieur le Premier Ministre a souligné que la lutte contre les flux financiers illicites est un impératif pour stimuler l’investissement, préserver la crédibilité de l’État, renforcer la justice sociale et bâtir une économie moderne, condition indispensable à l’atteinte des objectifs 2040–2060.

Un tournant stratégique pour le Burundi

Cette Conférence Nationale  marque une avancée significative dans la mobilisation du pays contre la criminalité financière.
Elle a permis de sensibiliser, fédérer et engager les acteurs publics, privés et communautaires autour d’un même objectif : protéger l’économie nationale et consolider la marche du Burundi vers l’émergence et le développement durable.

Le succès de cette rencontre ouvre désormais la voie à une mise en œuvre concrète des recommandations, à un renforcement du cadre institutionnel et à une coopération accrue avec les partenaires régionaux et internationaux.

Le Burundi renforce sa lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : un pas décisif franchi avec la validation du rapport d’Evaluation National des Risques

Bujumbura, 11 novembre 2025 – Dans une ambiance empreinte de collaboration et d’engagement, les acteurs clés de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) au Burundi se sont réunis dans la grande salle du nouveau bâtiment du Ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique. Placé sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur le Ministre des Finances, cet atelier de haut niveau a marqué une étape historique : la validation du rapport de l’Évaluation Nationale des Risques (ENR) et la sensibilisation des hautes autorités sur les enjeux de l’Évaluation Mutuelle du Burundi.

Une mobilisation institutionnelle exemplaire

Organisé par la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), cet atelier a rassemblé les représentants des institutions stratégiques de la chaîne nationale LBC/FT : le Ministère des Finances, la Banque de la République du Burundi (BRB), l’Office Burundais des Recettes (OBR), le Ministère de la Justice, le Service National de Renseignement (SNR), le Ministère des Affaires Étrangères, les différentes banques commerciales ainsi que plusieurs autres partenaires clés.

Les allocutions de bienvenue et d’ouverture, prononcés successivement par le Secrétaire Permanent de la CNRF et le Ministre des Finances, ont mis en lumière la détermination du gouvernement à bâtir un système financier solide, transparent et résilient. Les orateurs ont souligné la responsabilité collective de chaque institution dans la prévention et la détection des flux financiers illicites, véritables menaces pour la stabilité économique et la réputation internationale du pays.

Des résultats clairs pour mieux orienter l’action nationale

Le rapport de l’Évaluation Nationale des Risques a permis d’identifier les menaces et vulnérabilités qui exposent le Burundi au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme. Selon les conclusions présentées, le niveau global de risque de BC/FT au Burundi est élevé, en raison d’une menace et d’une vulnérabilité globale également élevée..

Le risque de financement du terrorisme a également été jugé préoccupant, en l’absence notamment d’un cadre législatif complet pour la mise en œuvre des résolutions 1267 et 1373 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Face à ces constats, plusieurs recommandations stratégiques ont été formulées, notamment :

  • la mise en place d’un outil statistique national pour le suivi des données LBC/FT ;
  • l’actualisation du cadre légal et l’adoption d’une politique nationale basée sur les risques;
  • la création d’une autorité de coordination nationale des initiatives LBC/FT ;
  • le renforcement des capacités humaines et matérielles des organes d’enquête et de supervision ;
  • la mise en place d’un registre national des bénéficiaires effectifs et d’une infrastructure d’identification fiable ;
  • la ratification de la Convention internationale de 1999 sur la répression du financement du terrorisme.

Sensibilisation sur le processus de l’Évaluation Mutuelle du Burundi

La seconde partie de l’atelier a porté sur la sensibilisation au processus de l’Évaluation Mutuelle conduite par le Groupe Anti-Blanchiment de l’Afrique Orientale et Australe (ESAAMLG).
Le Coordonnateur national de l’Évaluation Mutuelle a expliqué que ce processus, déjà entamé en juin 2025, constitue une évaluation approfondie visant à mesurer la conformité technique et l’efficacité du pays aux 40 Recommandations et 11 résultats immédiats du GAFI (Groupe d’Action Financière).

L’évaluation repose sur deux volets essentiels :

  1. La conformité technique, qui analyse la présence des lois et règlements exigés ;
  2. L’efficacité, qui mesure l’application concrète et les résultats obtenus sur le terrain.

Les défis identifiés sont multiples : coordination interinstitutionnelle parfois insuffisante, manque de données statistiques complètes, faible compréhension technique du processus, contraintes linguistiques, ou encore ressources humaines limitées.

Pour y remédier, les participants ont convenu de renforcer la coordination nationale, d’améliorer la collecte de données, d’accélérer la finalisation des textes d’application de la loi du 25 mars 2025, et de développer les capacités des acteurs concernés à travers la formation et la communication.

Un engagement national renouvelé

En clôturant les travaux, les participants ont unanimement salué la qualité des échanges et la richesse des recommandations. Le rapport de l’ENR a été validé avec quelques ajustements de fond et de forme, ouvrant la voie à une mise en œuvre effective et concertée des actions prioritaires.

Cet atelier marque ainsi une étape décisive dans la consolidation du dispositif national de LBC/FT. Il témoigne de la volonté politique forte du Burundi d’aligner son système financier sur les normes internationales, tout en consolidant la confiance des partenaires techniques et financiers.

Le gouvernement, à travers la CNRF, réaffirme sa détermination à poursuivre les réformes nécessaires pour bâtir un environnement économique sûr, transparent et attractif, au service du développement durable du pays.

 

Retraite de validation technique du Rapport de l’Évaluation Nationale des Risques (ENR) de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (BC/FT)

Une retraite de validation technique du Rapport de l'Évaluation Nationale des Risques (ENR) de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme (BC/FT) s'est tenue à Cibitoke, du 9 au 14 Septembre 2024. Elle a réuni l'équipe de coordination de l’ENR et le Groupe de Travail, composé de représentants du secteur public, du secteur privé ainsi que de la société civile. Dans son discours de lancement des activités, le Secrétaire Permanent de la  Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF) a félicité et encouragé l'équipe de coordination ainsi que le groupe de travail, pour le caractère particulier de ce travail d’autant plus que c’est la première fois qu’un tel travail est entrepris au Burundi.

Cette rencontre visait à finaliser le Rapport de l'Évaluation Nationale des Risques (ENR) de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme (BC/FT) au Burundi, qui est le fruit d'un processus d'évaluation approfondi visant à identifier et à analyser les menaces et les vulnérabilités auxquelles le pays est exposé dans les domaines de BC/FT.

  • Objectifs du Rapport de l’ENR :

- Identification des menaces : Identifier les sources internes et externes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, telles que les activités criminelles ou les réseaux terroristes.

- Évaluation des vulnérabilités : Examiner les faiblesses des institutions financières, des secteurs économiques ou des structures réglementaires qui pourraient faciliter ces activités illicites.

- Analyse du cadre législatif : Évaluer l'adéquation des lois et des règlements en place pour lutter contre le BC/FT et leur application pratique.

- Recommandations : Proposer des actions concrètes pour combler les lacunes identifiées et renforcer la résilience du système financier burundais.

  • Importance de la validation du Rapport :

La validation du Rapport de l’ENR est une étape cruciale, car elle permet de :

  1. S'assurer que le rapport reflète fidèlement la réalité des risques et des vulnérabilités spécifiques au Burundi.
  2. Confirmer l'exactitude des données et des analyses incluses dans le rapport.
  3. Aligner les recommandations avec les standards internationaux, en particulier ceux du GAFI (Groupe d'Action Financière), afin de rendre le Burundi conforme aux meilleures pratiques internationales.
  4. Lancer les bases pour une stratégie nationale de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme (LBC/FT), tout en mobilisant les ressources nécessaires à sa mise en œuvre.

Une fois validé, ce rapport sert de référence pour la mise en œuvre des politiques publiques, la révision des lois, la formation des acteurs impliqués, ainsi que l’amélioration de la coopération régionale et internationale sur les questions de BC/FT. Il constitue également une pièce maîtresse dans les discussions entre le Burundi et ses partenaires internationaux, notamment en matière de transparence et de bonne gouvernance.

 

Lancement officiel des activités de l’évaluation nationale des risques (ENR)

En date du 11 janvier 2024 à l’Hôtel KINGS CONFERENCE CENTRE, la Cellule Nationale du Renseignement Financier a organisé un atelier d’ouverture pour le lancement officiel des activités de l’Evaluation  Nationale des Risques, ENR en sigle. Dans son mot d’ouverture, le Coordinateur Général de l’ENR, Monsieur Juvénal KWIZERA, a remercié vivement tous les membres qui ont pu participer à cet atelier, il a en outre souligné que cet exercice est nouveau au Burundi, qu’il requiert impérativement du temps, des sources humaines et financières sans oublier des compétences particulières pour l’accomplissement de cette noble mission.

Au cours de cette activité, deux modules sur la LBC/FT et le régime de sanctions ont été exposées respectivement l’un par le Coordinateur Général de l’ENR et l’autre par l’Assistant du coordinateur Général de l’ENR Monsieur Vincent NIBIGIRA.

Apres avoir montré aux participants les conséquences néfastes de l’absence d’un cadre légal règlementant la LBC/FT, le Coordinateur Général est revenu sur l’importance capitale de faire cette évaluation car, disait-il,  ̋NTAWUVURA ICO ATAPIMYE KUKO YOTANGA UMUTI MUKE NTUKORE YATANGA MWINSHI NAHO UGAHENDA CANKE UKICA ».

L’Evaluation Nationale des Risques est un exercice national d’auto évaluation sur les risques et la vulnérabilité nationale face à la menace de la criminalité financière et du terrorisme.

L’ENR est indispensable aussi bien au niveau national qu’international :

Au niveau national, elle est une étape incontournable, à la mise en œuvre effective de la politique nationale de la Lutte Contre le Blanchiment de Capitaux et du Financement du Terrorisme puisque c’est elle qui montre la cartographie nationale des risques liés au Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme.

Au niveau International, l’ENR est une exigence incontournable en matière de LBC/FT. Elle est la 1ere des 40 recommandations du GAFI et la 1ere des 8 recommandations de la Mission de Haut Niveau, MHN en sigle, effectuée au Burundi au mois de mars 2023 dans le cadre de processus de l’adhésion effective du pays au Groupe de LBC/FT de L’Afrique Orientale et Australe <<ESAAMLG>>.