LE BURUNDI AUX RÉUNIONS D’ESAAMLG : UNE PARTICIPATION STRATÉGIQUE POUR RENFORCER LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

Addis-Abeba, Éthiopie – Août 2025 – Le Groupe Anti-Blanchiment de l’Afrique de l’Est et Australe (ESAAMLG) a tenu, du 22 au 31 août 2025, une série de réunions de haut niveau au siège de la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). Ces assises ont regroupé la 50 réunion des hauts fonctionnaires, la 25 réunion du Conseil des Ministres et le 8 dialogue public-privé, marquant un jalon important pour la coopération régionale en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.

Plus de 800 participants ont pris part à ces réunions, représentant les 21 pays membres de l’ESAAMLG, la RDC comme pays observateur, ainsi qu’un large éventail de partenaires techniques et financiers. L’objectif central était d’évaluer les progrès collectifs dans la mise en œuvre des normes internationales de LBC/FT, d’analyser les défis émergents, d’évaluer les rapports d’étape après l’évaluation mutuelle (post mutual evaluation report) et de renforcer les mécanismes de coopération régionale.

Une forte représentation du Burundi

Le Burundi a marqué sa présence pendant les réunions en plénières à travers une délégation multisectorielle, conduite par le Secrétaire Permanent de la CNRF, intégrant des représentants de l’ensemble des piliers du dispositif national de LBC/FT : autorités judiciaires, forces de l’ordre, régulateurs, institutions financières et secteur privé.

La deuxième phase des réunions s’est focalisé sur le Conseil des Ministres en charge des finances des pays d’ESAAMLG, et le Ministre en charge des Finances du Burundi a pris également part à ces assises. Il a profité pour tenir une réunion bilatérale avec l’équipe d’évaluateurs de l’ESAAMLG, réitérant l’engagement ferme du gouvernement à soutenir la CNRF et à mobiliser toutes les parties prenantes pour respecter le calendrier de l’Evaluation Mutuelle du Burundi.

Cette participation a permis de :

  • Échanger avec les évaluateurs de l’ESAAMLG sur le processus d’Evaluation Mutuelle entamé en mai 2025,
  • Identifier les priorités nationales en matière de conformité et de coopération internationale.

La participation active du Burundi témoigne de sa volonté de :

  • Prévenir et combattre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme,
  • Contribuer à la stabilité et à la sécurité de la région,
  • Renforcer sa coopération avec les partenaires internationaux pour bâtir un système financier transparent et résilient.

Ces assises constituent une étape décisive pour le Burundi dans son processus d’évaluation mutuelle et dans la consolidation de son cadre national de LBC/FT.

Thèmes clés abordés

Les discussions se sont articulées autour de :

  • L’examen des rapports d’évaluation mutuelle et du suivi des pays sous observation,
  • Les risques émergents liés aux crypto-actifs, aux organisations à but non lucratif et aux flux financiers transfrontaliers,
  • Le renforcement de la coopération régionale, notamment en matière d’échange d’informations financières et judiciaires.

Les États membres ont adopté un ensemble de recommandations stratégiques visant à consolider la conformité aux standards du GAFI et à renforcer la résilience régionale et la coopération face aux menaces financières.


Visite d’étude entre la CNRF du Burundi et l’ANRF du Maroc : Renforcement des capacités en matière de LBC/FT

Rabat, Royaume du Maroc – Du 13 au 15 mai 2025, une délégation de la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CNRF) du Burundi a effectué une visite d’étude à l’Autorité Nationale du Renseignement Financier (ANRF) du Royaume du Maroc dans le cadre d’un échange d’expériences et de bonnes pratiques en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

  1. Cérémonie d’ouverture et coopération renforcée entre le Burundi et le Maroc

La visite a été officiellement ouverte par le Conseiller du Président de l’ANRF, suivi du Secrétaire Permanent de la CNRF. Le Conseiller a souligné les excellentes relations de coopération entre le Burundi et le Maroc, rappelant que les deux pays renforcent leurs liens diplomatiques depuis l’ouverture de l’ambassade du Burundi au Maroc en 2015 et celle du Maroc au Burundi en 2021.

Le Secrétaire Permanent de la CNRF a exprimé sa gratitude pour cet échange, soulignant que cette visite était une opportunité d’apprentissage pour la CNRF, une jeune institution de seulement trois ans, face à l’expérience avancée du Maroc en matière de LBC/FT.

  1. Panorama du dispositif marocain de LBC/FT

L’ANRF a présenté son dispositif national, basé sur la loi 43-05 (2007) et ses amendements ultérieurs. Le Maroc a déjà subi deux évaluations mutuelles par le GAFIMOAN (2007 et 2017) et se prépare pour une troisième en 2026. Avec 39 recommandations du GAFI sur 40 respectées, le pays ne rencontre des difficultés que sur la Recommandation 15 (avoirs virtuels), en cours de régularisation.

L’ANRF joue un rôle central dans la coordination nationale, avec un Conseil regroupant toutes les parties prenantes. Ses missions incluent :

  • L’élaboration de stratégies et d’avis en LBC/FT ;
  • La proposition de réformes de gouvernance ;
  • La coordination entre autorités nationales et internationales.
  1. Clés de succès du modèle marocain

Plusieurs facteurs expliquent la réussite du Maroc :

  • Engagement politique au plus haut niveau de l’Etat ;
  • Digitalisation de l’économie marocaine, ce qui permet d’avoir accès à la base de données de toutes les institutions ;
  • Sensibilisation et formation des acteurs concernés ;
  • Adhésion au Groupe Egmont (2011), renforçant la crédibilité internationale ;
  • Collaboration étroite avec les assujettis ;
  • Outil d’analyse GoAML pour des analyses opérationnelles et stratégiques efficaces ;
  • Système IT certifié ISO 27001.
  1. Évaluation Nationale des Risques (ENR) et Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE)

Le Maroc a déjà réalisé trois ENR, dont le dernier rapport sera bientôt publié. L’ENR est essentielle pour une stratégie basée sur les risques (Recommandation 1 du GAFI).

L’ANRF a également présenté son Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE), un outil clé pour la transparence financière, et a démontré son fonctionnement en direct.

  1. Perspectives et innovations de l’ANRF

L’ANRF mise sur :

  • Les enquêtes parallèles de l’ANRF ;
  • Les sanctions financières ciblées,
  • La digitalisation des services financiers ;
  • L’intelligence artificielle (IA) pour améliorer l’analyse des données ;
  • La régulation des cryptoactifs (conformément à la R15 du GAFI) ;
  • La dématérialisation des processus internes.
  1. Recommandations pour le Burundi

À l’issue des échanges, plusieurs pistes d’amélioration ont été proposées à la CNRF :

  • Accroitre le budget et les moyens de la CNRF ;
  • Élaborer un plan d’action basé sur les résultats de l’ENR ;
  • Définir une stratégie nationale LBC/FT ;
  • Adopter un outil d’échange d’informations sécurisé entre les acteurs du dispositif LBC/FT ;
  • Sensibiliser les assujettis secteur par secteur ;
  • Renforcer la coordination nationale et internationale ;
  • Disséminer la loi LBC/FT et les résultats de l’ENR ;
  • Légiférer sur les avoirs virtuels ;
  • Mettre en place un organe national de recouvrement des avoirs illicites ;
  • Mettre en place une plateforme interne (Intranet).

 

  1. Clôture et engagement futur

La visite s’est achevée par des discours de clôture et une photo de groupe, marquant l’engagement des deux pays à renforcer leur coopération dans la lutte contre les flux financiers illicites. Un protocole d’accord (MoU) est en préparation afin de formaliser cette collaboration.

Cette visite a permis à la CNRF de capitaliser sur l’expérience marocaine et de consolider ses propres mécanismes de LBC/FT, en vue d’une meilleure préparation à l’évaluation mutuelle et une meilleure conformité aux standards internationaux.

PARTICIPATION DU BURUNDI A LA 49ème REUNION DU GROUPE DE TRAVAIL DES HAUTS FONCTIONNAIRES D’ESAAMLG A KAMPALA EN OUGANDA

Kampala Ouganda, 28 mars- 4 avril 2025. Une délégation burundaise a pris part à la 49ème Réunion du Groupe de Travail des Hauts Fonctionnaires de l’Eastern and Southern Africa Anti Money Laundering Group (ESAAMLG), tenue à Kampala en Ouganda. Elle était composée  d’une équipe de la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF), dirigée par son Secrétaire Permanent, de représentants du secteur public ainsi que du secteur privé.

Cette réunion stratégique a réuni les délégations des pays membres de l’ESAAMLG, et des institutions internationales coopératives d’ESAALMG, notamment l’UNODC, le FMI, les Etats Unis d’Amérique, UK – HM Treasury, la BAD, la SADC, EU AML/CFT Global Facility, Eurasian Group (EAG), RUSI, GIZ, COMESA et le GAFI pour échanger sur les progrès, défis et bonnes pratiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).

La participation du Burundi à cette importante rencontre a permis de :

  • Suivre les travaux des différents groupes techniques, notamment sur les rapports des pays membres, la conformité technique et l’efficacité des régimes LBC/FT ;
  • Partager l’expérience du Burundi dans la mise en œuvre des recommandations du GAFI ;
  • Identifier les priorités régionales communes et les axes d’amélioration pour les systèmes nationaux de LBC/FT.

A l’issue de cette réunion, des leçons importantes, notamment en lien avec la préparation de la première Evaluation Mutuelle du Burundi prévue à partir du mois de juin 2025 ont été tirées. Il est ressorti que la poursuite de la mise en œuvre des recommandations de la Mission de Haut Niveau constitue une étape essentielle pour réussir cette évaluation.

En marge de cette réunion, un Mémorandum d’Entente (MdE) a été signé entre la CNRF et son homologue du Royaume d’Eswatini. Cet accord marque une étape cruciale dans le renforcement de la coopération régionale en matière de partage de renseignements financiers, contribuant ainsi à l’efficacité des investigations transfrontalières et à la consolidation du réseau régional de LBC/FT.

Dans le combat de LBC/FT, la CNRF reste engagée à intensifier ses efforts pour améliorer la conformité du Burundi aux normes internationales du GAFI, en s’appuyant sur les enseignements tirés lors de cette réunion et les partenariats stratégiques noués au niveau régional.


La Cellule Nationale du Renseignement Financier représente le Burundi à l’atelier régional, sur l’évaluation des risques de Blanchiment de Capitaux et de Financement du Terrorisme liés aux Bénéficiaires Effectifs

CapeTown, Afrique du Sud 25-28 Février. Le Burundi, à travers la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF),  a désigné 2 représentants qui ont activement participé à l’atelier régional de formation des formateurs sur la boîte à outils, pour évaluer les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (BC/FT) en lien avec les bénéficiaires effectifs des personnes morales et des arrangements juridiques.

Cet atelier régional était organisé par le Secrétariat du Groupe de lutte contre le blanchiment de capitaux en Afrique de l’Est et du Sud (ESAAMLG) en collaboration avec le Dispositif Mondial de l’Union Européenne contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (EU AML/CFT Global Facility), financé par la Coopération allemande internationale pour le développement (GIZ) et soutenu par le Centre de Renseignement Financier d’Afrique du Sud (FIC), du 25 au 28 Février 2025 à Cape Town en Afrique du Sud.

Elle visait à renforcer les capacités des autorités nationales à mieux identifier, évaluer et atténuer les risques spécifiques liés aux bénéficiaires effectifs, conformément aux recommandations internationales en matière de transparence et de lutte contre le BC/FT, plus spécifiquement les recommandations 24 et 25 du Groupe d’Action Financière (GAFI).

Les participants à la dite atelier étaient des représentants de plusieurs pays membres de l’ESAAMLG, à savoir, l’Angola, l’Afrique du Sud, le Botswana, le Burundi, le Kenya, l’Eswatini, le Malawi, la Mauritanie, les Iles Seychelles, la Namibie, la Zambie, le Sud Soudan, la République Démocratique du Congo et le Madagascar. Etaient aussi présents à l’atelier des représentants du Secrétariat de l’ESAAMLG, de l’EU AML/CFT Global Facility et de la GIZ.

La participation du Burundi à cet événement régional témoigne de son engagement continu à aligner son dispositif national sur les normes internationales et à promouvoir la transparence dans les structures juridiques pouvant être exploitées à des fins illicites. La boîte à outils présentée durant l’atelier constitue un instrument stratégique pour permettre aux États membres de l’ESAAMLG, de mener des évaluations efficaces des risques, et d’élaborer des réponses ciblées et proportionnées.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de renforcement du système national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et traduit la volonté du Burundi de contribuer activement à la sécurité financière régionale et internationale.

Sensibilisation des acteurs de la chaîne de valeur dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme au Burundi sur le processus d’évaluation mutuelle.

Bujumbura, du 4 au 6 Février 2025,  dans le cadre des préparatifs du Burundi à l’évaluation mutuelle menée par le Groupe Anti-Blanchiment de l’Afrique Orientale et Australe (ESAAMLG), un atelier de sensibilisation a été organisé par la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF) à l’endroit des acteurs clés de la chaîne de valeur de la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux, le Financement du Terrorisme et le Financement de la Prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP). Cet événement stratégique était animé par une équipe d’experts de l’ESAAMLG.

L’objectif principal de cet atelier était de renforcer la compréhension des parties prenantes sur le processus d’évaluation mutuelle, un exercice crucial qui permet d’évaluer la conformité technique et l’efficacité du pays aux standards internationaux établis par le Groupe d’Action Financière (GAFI). Cette sensibilisation vise à assurer une meilleure préparation du Burundi afin de répondre efficacement aux exigences de l’évaluation et d’améliorer son dispositif national de lutte contre la criminalité financière.

Les participants à cet atelier étaient des représentants des institutions publiques et privées, les autorités de régulation et de supervision du secteur financier, les organismes de contrôle, ainsi que les parties prenantes de la chaine pénale. À travers des échanges interactifs et des présentations d’experts, les participants ont eu l’occasion d’approfondir leurs connaissances sur les bonnes pratiques et les attentes du processus d’évaluation mutuelle.

Rencontre avec les hauts cadres des institutions gouvernementales clés dans la LBC/FT

Lors du dernier jour de l’atelier, les experts d’ESAAMLG ont eu l’occasion de s’entretenir avec les hauts cadres des Institutions du Gouvernement, notamment le Commissaire Général de l’OBR, le Directeur Général de l’ARMC, le Directeur Général de la LONA, la Présidente de la Cour Anti-Corruption ainsi que le Directeur Général de l’ARCT et bien d’autres.  À cette occasion, les experts leur ont présenté de manière concise et précise le processus d’Évaluation Mutuelle auquel le Burundi se prépare prochainement, en soulignant leur rôle stratégique dans cette démarche.

Le Burundi, en tant que membre de l’ESAAMLG, est engagé dans le renforcement de son dispositif LBC/FT/FP en conformité avec les recommandations du GAFI. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de coopération internationale visant à garantir l’intégrité du système financier et à lutter efficacement contre les menaces liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

La GIZ en mission au Burundi : Vers un renforcement de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme

Bujumbura, 18-19 décembre 2024― La Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF) en collaboration avec la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), a organisé un atelier d’évaluation des besoins d’assistance technique le 18 décembre 2024, à King’s Conference Centre, Bujumbura et des visites ciblées aux institutions partenaires le 19 décembre 2024. Ces événements visaient à évaluer les besoins d’assistance technique du Burundi dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).  

L’atelier a réuni des membres de la délégation de la GIZ, une équipe de la CNRF dirigée par son Secrétaire Permanent, Jean Baptiste BUTOYI, ainsi que des représentants des institutions clés engagées dans la LBC/FT. Monsieur Damas BAKURANIMANA, Secrétaire Permanent chargé de la planification et de la coopération économique et financière, a également honoré l’événement de sa présence.  

Des interventions axées sur le renforcement des capacités  

Après les discours d’ouverture, trois présentations majeures ont marqué l’atelier :  

  1. Présentation de la CNRF : Cette intervention a exploré la genèse, les défis, et les perspectives d’avenir de cette institution essentielle dans la lutte contre les flux financiers illicites ;  
  2. Mission et appui technique de la GIZ : La délégation a mis en avant le rôle du projet SECFIN AFRICA, qui prévoit un soutien technique et financier pour les institutions concernées ;
  3. Évaluation des besoins de la CNRF : Cette présentation a mis en lumière les lacunes identifiées lors de l’évaluation nationale des risques (ENR) de BC/FT au Burundi, notamment :  
  4. Un cadre légal et réglementaire insuffisant ;
  5. L’absence de systèmes d’identification fiables ;
  6. Une CNRF non pleinement opérationnelle ;
  7.  Une méconnaissance de la LBC/FT parmi les institutions concernées ;
  8.  L’absence de stratégie nationale ;
  9. Une digitalisation insuffisante dans le secteur des assurances ;
  10. Une inefficacité dans la détection et le signalement des opérations suspectes.  

 Une visite stratégique des agences nationales  

Le 19 décembre 2024, la mission GIZ a effectué une visite des agences nationales impliquées dans la LBC/FT. Cette démarche visait à identifier les opportunités et défis propres à chaque institution afin de formuler des approches ciblées et adaptées.  

 Un partenariat prometteur pour un Burundi aligné sur les normes internationales  

Cette mission et les échanges qui en ont découlé marquent une étape stratégique dans le renforcement des capacités nationales pour prévenir et combattre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ainsi que les flux financiers illicites. Ils témoignent également de la détermination du Burundi à s’aligner sur les normes internationales établies par le Groupe d’Action Financière (GAFI), tout en affirmant son rôle au sein des efforts régionaux et internationaux de gouvernance financière transparente et efficace.  

PARTICIPATION DU BURUNDI AUX REUNIONS DE L’ESAAMLG : ENGAGEMENT RENFORCE DANS LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DES CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME (LBC/FT)

Du 23 au 31 août 2024 à Diani, en République du Kenya, a eu lieu la 48ème Réunion du Groupe de Travail des Hauts Fonctionnaires, la 24ème Réunion du Conseil des Ministres de cette même organisation, ainsi que le 7ème Dialogue Public-Privé sur la LBC/FT.

Ces réunions ont vu la participation de plus de 400 délégués représentant les 21 pays membres de l’ESAAMLG, dont l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, le Burundi, l’Érythrée, l’Eswatini, l’Éthiopie, l’Île Maurice, le Kenya, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Rwanda, les Seychelles, le Soudan du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe. En plus des pays membres, ces réunions ont connu aussi la participation des pays et organisations internationales coopératifs, tels que le Portugal, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Secrétariat du COMESA, le GAFI, la GIZ, le FMI, l’Initiative FAST des Nations Unies et l’ONUDC. Cela était une bonne occasion pour des échanges fructueux entre experts régionaux, décideurs politiques et représentants des secteurs publics et privés, sur des enjeux majeurs liés à la LBC/FT.

Dans ces réunions, le Burundi était représenté par une forte délégation, composée des membres du secteur privé (banques et assurances), des représentants du secteur public, le gouverneur de la Banque de la République du Burundi et d’une équipe de la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF) conduite par son Secrétaire Permanent. Le Ministre des Finances, du Budget et de la Planification Économique du Burundi a également participé à la 24ème Réunion du Conseil des Ministres de l’ESAAMLG, marquant ainsi une première participation burundaise à ce niveau.

Au cours de  la 48ème Réunion des Hauts Fonctionnaires, les échanges et débats ont porté sur l’évaluation et la mise à jour des mesures de  LBC/FT, ainsi que sur la prévention du financement de la prolifération des armes de destruction massive. Le groupe de travail sur le Burundi a examiné le rapport transmis par le Burundi et l’état d’avancements des recommandations restantes issues de la Mission de Haut Niveau (MHN), et a exhorté le Burundi à y souscrire sans délai.

Le 7ème dialogue public-privé a été également une occasion d’établir une plateforme permettant à ces deux secteurs de discuter des défis actuels liés à la LBC/FT et à la prolifération. Axé sur la prévention et la détection du financement du terrorisme, ce dialogue a soulevé l’importance de  renforcer la collaboration entre les acteurs publics et privés et à doter à cette plateforme des stratégies communes pour améliorer l’application des mesures lies à la LBC/FT.

Enfin, il sied de souligner qu’en marge de ces réunions, la CNRF a signé des Memoranda d’Entente (MoU) avec ses homologues du Kenya et du Mozambique, renforçant ainsi la coopération bilatérale dans la LBC/FT. Cette dynamique de collaboration est essentielle pour relever les défis complexes liés à la LBC/FT, tant au niveau régional qu’international.

Renforcement de la coopération régionale en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) : Échange d’expériences entre la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF) du Burundi et la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) de la RDC.

Le Burundi a mis en place un cadre juridique et institutionnel de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) respectivement par la loi n° 1/02 du 04 février 2008 portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et du Décret n°100/044 du 16 mars 2020 portant création, missions, organisation et fonctionnement de la Cellule Nationale du Renseignement Financier (CNRF) au Burundi, en application de l’article 12 de la loi.

Dans le cadre du renforcement des capacités et de l’amélioration des compétences opérationnelles et institutionnelles de la CNRF, avec l’appui financier de la Banque mondiale à travers le projet PRETE, une mission d’échange d’expériences conduite par le Secrétaire Permanent de la CNRF a été effectuée, du 22 au 26 Juillet 2024, par des cadres de la CNRF du Burundi, au sein de la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) de la République Démocratique du Congo (RDC) à Kinshasa. Cette mission visait à partager les expériences et les meilleures pratiques entre les deux institutions afin d’améliorer l’efficacité au niveau des efforts fournis en matière de la LBC/FT et plus spécialement pour le Burundi d’apprendre afin de mieux se préparer à l’Evaluation Mutuelle (EM) prévue en juin 2025.

Le but de la visite était:

  1. de s’inspirer de la gestion quotidienne d’une Cellule de Renseignement Financier (CRF) opérationnelle;
  2. d’identifier les domaines de formation et de renforcement des capacités ;
  3. d’échanger des informations stratégiques sur les menaces communes ;
  4. de renforcer la coopération et la coordination entre les services de renseignement des deux pays ;
  5. d’identifier les procédures de mise en place d’outils règlementaires et techniques conformément aux recommandations du GAFI;
  6. d’identifier des mécanismes de configuration et d’installation des infrastructures informatiques et sécuritaires des données, du personnel et des locaux;
  7. d’échanger sur les modalités d’intégration d’une CRF dans l’univers administratif local ;
  8. d’identifier des pratiques en interrelation entre une CRF et les partenaires nationaux (la chaîne de valeurs dans la LBC/FT) et internationaux ;
  9. de voir la chaîne de renseignement allant de la réception des Déclarations des Opérations Suspectes (DOS) à la diffusion des rapports issus de leur analyse et présentation des outils et des procédures.

En marge de ladite visite, la délégation burundaise a eu l’occasion de suivre le processus ICRG (International Cooperation Review Group)/ (Groupe d’Examen de la Coopération Internationale) de la RDC.

Parmi les nombreuses activités réalisées, ont figuré des visites de travail au Comité Consultatif de Lutte contre le Blanchiment (COLUB), au Fonds de Lutte Contre le Crime Organisé (FOLUCCO), à l’Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC), ainsi qu’au Parquet Général de la RDC.

Cette mission a été extrêmement enrichissante pour les deux institutions, soulignant leur volonté commune de renforcer les liens de coopération régionale et de partager les meilleures pratiques en matière de renseignement financier. Elle ouvre la voie à de futures collaborations étroites, contribuant ainsi à une lutte plus efficace contre les activités illicites et  plus particulièrement celles à caractère transfrontalier.

La CNRF à l’œuvre dans la coopération bilatérale

Soucieuse de nouer des relations fortes de collaboration avec les autres cellules de renseignement financier membres de l'ESAAMLG, la CNRF a déjà visité plusieurs cellules de la sous-région pour des travaux d'échange d'expérience. Une des visites marquantes fut la visite du Service des Renseignements Financiers de Madagascar « Le SAMIFIN » qui s'est déroulée du 16 au 20 mai 2023. 

Cette visite s'inscrivait dans une dynamique d’échange d’expériences et d’apprentissage des bonnes pratique en matière de LBC/FT mais également dans le cadre des recommandations émises en vue de l'adhésion effective du Burundi à l'ESAAMLG, laquelle a été validé quatre mois plus tard à Kasane (Botswana).

Au delà de la visite du SAMIFIN où la délégation burundaise a été chaleureusement accueillie et informé sur les procédures, les pratiques et les défis de ce service, des visites ont également été organisées dans d'autres institutions malgaches clés dans la LCB/FT. Il s'agit notamment  du Ministère de l'Economie et des Finances (MEF), où la délégation burundaise a rencontré le Directeur Général des impôts, ainsi que la Banque Centrale.

Rencontre avec le Directeur Général des Impôts
Rencontre avec des cadres de la Banque Centrale de Madagascar

Cette collaboration avec le SAMIFIN a déjà posé les bases d'un partenariat solide entre le Burundi et le Madagascar en matière de LBC/FT à travers un Mémorandum d'Entente déjà signé entre les deux parties.

Signature d'un Mémorandum d'Entente entre la CNRF et le SAMIFIN

Adhésion effective du Burundi à l’ESAAMLG

Du 1er au 9 septembre 2023 à Kasane au Botswana, le Secrétariat  Exécutif de l’Organisation de l’Afrique Orientale et Australe chargée de la lutte contre le Blanchiment des capitaux et le Financement du terrorisme (LBC/FT) dénommée ESAAMLG en anglais (Eastern and Southern Africa Anti Money Laundering Group),  en collaboration avec la République de Botswana,  a organisé la 46eme réunion du groupe de travail des Hauts Fonctionnaires de cette organisation.

A l’agenda de la réunion figuraient entre autres activités  l’analyse de l’état de la mise en application des recommandations de la mission de Haut niveau d’ESAAMLG  effectuée au Burundi au mois de mars 2023 et l’adhésion officielle du Burundi en tant que membre effectif au sein de l’ESAAMLG. Il convient de signaler que le Burundi avait le statut d’observateur au sein de cette organisation.

Le Burundi était représenté par treize membres dont huit de la CNRF (Cellule Nationale de Renseignement Financier), quatre venant des Institutions Financière (Banques), et une représentante de la cour Anti-corruption.

La délégation Burundaise a pu décrocher son adhésion à part entière à l’ESAAMLG. Cette adhésion est un évènement historique, une étape très importante pour le Burundi. Cet évènement a été une occasion de rassurer les partenaires de la CNRF en tant que garantie de la stabilité, la solidité, la crédibilité ainsi l’intégrité du système financier du Burundi.