Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : la CNRF renforce les capacités des autorités administratives, les organes d’enquêtes et les acteurs de la Chaine pénale œuvrant dans les Provinces de Gitega et Burunga

Gitega, du 22 au 24 Décembre 2025- Dans le cadre du renforcement du dispositif national de lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT), la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF) a organisé un atelier de vulgarisation de la loi n°1/08 du 27 mars 2025 portant  modification de la loi n°1/02 du 04 février 2008, portant lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, à l’intention des Administrateurs Communaux, les organes d’enquêtes et les acteurs de la chaine pénales des provinces de Gitega et de Burunga.

L’adoption de la loi n°1/08 du 27 mars 2025 marque une avancée significative dans la consolidation du cadre légal burundais de LBC/FT. Cette réforme vise à combler les insuffisances relevées, à renforcer les obligations des assujettis et à améliorer l’efficacité des mécanismes de prévention, de détection et de répression des infractions liées au BC/FT.

Toutefois, l’efficacité de cette loi repose sur sa bonne compréhension, la coordination des actions  effectives et la Confiance mutuelle des parties prenantes concernées. C’est dans cette optique que la CNRF a organisé un atelier de vulgarisation de la loi LBC/FT, afin de revisiter les fondements juridiques et institutionnels de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme et surtout  à  rendre cette dernière plus accessible, plus compréhensible et plus opérationnelle pour les autorités administratives, judiciaires, les organes compétents en matière d’enquête, qui constituent la cheville ouvrière de sa mise en œuvre  effective.

Cet atelier avait pour objectifs principaux de :

  • renforcer la compréhension du cadre légal et institutionnel de la LBC/FT au Burundi et son articulation avec les standards internationaux ;
  • renforcer les capacités pratiques des participants à identifier les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme dans leurs activités professionnelles ;
  • encourager la mise en place de dispositifs internes (politiques, procédures, contrôles) pour une meilleure application de la loi au sein des institutions concernées ;
  • expliquer les sanctions encourues en cas de non-respect de la loi.

Vers une meilleure coopération et des résultats durables

À l’issue de cette formation, il est attendu une meilleure maîtrise des dispositions de la  loi LBC/FT, un renforcement des dispositifs internes de conformité au sein des institutions assujetties et une collaboration accrue avec la CNRF. Ces efforts contribueront à une détection plus efficace des opérations suspectes et à la consolidation d’une culture nationale de vigilance et d’intégrité.

À travers cette initiative, la CNRF réaffirme son rôle central dans la coordination du dispositif national de LBC/FT, son engagement à accompagner les acteurs impliqués dans la mise en œuvre effective de la législation nationale de la LBC/FT et à contribuer activement à la protection de l’intégrité et la crédibilité du système financier et de l’économie du Burundi.

VERS UN BURUNDI ÉMERGENT : LA LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME AU CŒUR DE LA TRANSFORMATION NATIONALE

Le mardi 2 décembre 2025, l’Hôtel Club du Lac Tanganyika a accueilli un rendez-vous majeur pour la gouvernance économique du pays : la Conférence Nationale sur la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT) et de dissémination des résultats de l’Evaluation Nationale des Risques (ENR) de BC/FT, organisée sous le Haut Patronage du Premier Ministre burundais, Monsieur Nestor NTAHONTUYE. Un évènement d’envergure nationale qui s’inscrit au cœur de la vision « Burundi pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 ».

Dans leurs allocutions d’ouverture, le représentant du Gouverneur de la province de Bujumbura, le représentant de la Banque mondiale et le Ministre des Finances ont rappelé, avec force, la volonté politique du Burundi de combattre les flux financiers illicites, de renforcer la transparence économique et de consolider la stabilité du système financier.
Cette conférence, qui a réuni les plus hautes autorités du pays, des anciens dirigeants, des diplomates, les institutions de supervision, les experts nationaux et internationaux, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires au développement, marque une étape décisive dans la mobilisation nationale autour de la LBC/FT.

Un objectif clair : diffuser, comprendre et s’approprier les résultats de l’ENR

L’évènement visait principalement la dissémination des résultats de l’Évaluation Nationale des Risques (ENR) de BC/FT, ainsi que leur appropriation par l’ensemble des acteurs.
Pour contextualiser ces enjeux, la Conférence a proposé quatre présentations clés :

  1. Le rôle et le contexte de création de la CNRF

Les intervenants ont rappelé les missions de la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), les mécanismes nationaux de prévention, de détection et de répression, les efforts de coopération ainsi que les défis persistants, notamment institutionnels et opérationnels.

  1. Le lien stratégique entre la LBC/FT et la Vision 2040–2060

La lutte contre la criminalité financière apparaît désormais comme un levier majeur de gouvernance, soutenant les cinq piliers de la Vision nationale : engagement de l’État, efficacité économique, équité sociale, durabilité écologique et partenariats solides.

  1. Les résultats de l’ENR de BC/FT

L’évaluation révèle un risque global élevé, tant pour le blanchiment que pour le financement du terrorisme.
Parmi les menaces les plus importantes figurent :

  • la fraude fiscale et douanière,
  • le détournement de fonds,
  • la corruption,
  • le trafic de minéraux,
  • le trafic de drogues,
  • la traite des êtres humains.

Des vulnérabilités institutionnelles et sectorielles persistent, notamment dans les secteurs bancaire, immobilier et de la microfinance, ainsi que des lacunes juridiques et opérationnelles — comme l’absence d’une stratégie nationale fondée sur les risques ou la mise en œuvre insuffisante des obligations LBC/FT.

  1. Les risques liés au financement du terrorisme

Également jugé élevé, ce risque est aggravé par la proximité avec des zones instables en RDC, la porosité des frontières et l’absence d’un cadre législatif complet pour appliquer les résolutions 1267 et 1373 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Panels d’experts et échange constructif

Pour enrichir les discussions, trois panels ont permis d’aborder :

  • les défis actuels de la LBC/FT,
  • la dissémination technique des résultats de l’ENR,
  • les bonnes pratiques observées dans le cadre de l’Évaluation Mutuelle.

Parmi les intervenants à ces panels figuraient notamment des experts internationaux en matière de LBC/FT, dont :

  • Tom Malikebu, Expert Financier de l’ESAAMLG ;
  • Wilfried P. HOUEDOKOU, Secrétaire Général de la CENTIF Bénin (Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières) ;
  • Nivesh Ritoo, Financial Intelligence Analyst à la CRF de Maurice

Les participants ont pu poser des questions aux intervenants, ouvrant la voie à un dialogue technique constructif et à une meilleure compréhension des priorités nationales.

Des recommandations ambitieuses pour renforcer le dispositif nationale LBC/FT

Parmi les principales orientations retenues figurent :

  • l’élaboration d’une stratégie nationale LBC/FT fondée sur les risques ;
  • la modernisation du cadre juridique ;
  • l’opérationnalisation totale de la CNRF ;
  • la création d’une autorité nationale de coordination des efforts LBC/FT ;
  • la mise en place d’un tribunal spécialisé ainsi qu’une agence de gestion des avoirs criminels ;
  • le renforcement des capacités humaines et matérielles des acteurs répressifs et préventifs.

Ces actions constituent le socle d’un dispositif robuste et crédible aux yeux des partenaires internationaux.

Un message fort du Premier Ministre : la LBC/FT, un pilier pour un Burundi émergent

Dans son discours très attendu, Son Excellence Monsieur le Premier Ministre a souligné que la lutte contre les flux financiers illicites est un impératif pour stimuler l’investissement, préserver la crédibilité de l’État, renforcer la justice sociale et bâtir une économie moderne, condition indispensable à l’atteinte des objectifs 2040–2060.

Un tournant stratégique pour le Burundi

Cette Conférence Nationale  marque une avancée significative dans la mobilisation du pays contre la criminalité financière.
Elle a permis de sensibiliser, fédérer et engager les acteurs publics, privés et communautaires autour d’un même objectif : protéger l’économie nationale et consolider la marche du Burundi vers l’émergence et le développement durable.

Le succès de cette rencontre ouvre désormais la voie à une mise en œuvre concrète des recommandations, à un renforcement du cadre institutionnel et à une coopération accrue avec les partenaires régionaux et internationaux.