Le Burundi renforce sa lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : un pas décisif franchi avec la validation du rapport d’Evaluation National des Risques

Bujumbura, 11 novembre 2025 – Dans une ambiance empreinte de collaboration et d’engagement, les acteurs clés de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) au Burundi se sont réunis dans la grande salle du nouveau bâtiment du Ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique. Placé sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur le Ministre des Finances, cet atelier de haut niveau a marqué une étape historique : la validation du rapport de l’Évaluation Nationale des Risques (ENR) et la sensibilisation des hautes autorités sur les enjeux de l’Évaluation Mutuelle du Burundi.

Une mobilisation institutionnelle exemplaire

Organisé par la Cellule Nationale de Renseignement Financier (CNRF), cet atelier a rassemblé les représentants des institutions stratégiques de la chaîne nationale LBC/FT : le Ministère des Finances, la Banque de la République du Burundi (BRB), l’Office Burundais des Recettes (OBR), le Ministère de la Justice, le Service National de Renseignement (SNR), le Ministère des Affaires Étrangères, les différentes banques commerciales ainsi que plusieurs autres partenaires clés.

Les allocutions de bienvenue et d’ouverture, prononcés successivement par le Secrétaire Permanent de la CNRF et le Ministre des Finances, ont mis en lumière la détermination du gouvernement à bâtir un système financier solide, transparent et résilient. Les orateurs ont souligné la responsabilité collective de chaque institution dans la prévention et la détection des flux financiers illicites, véritables menaces pour la stabilité économique et la réputation internationale du pays.

Des résultats clairs pour mieux orienter l’action nationale

Le rapport de l’Évaluation Nationale des Risques a permis d’identifier les menaces et vulnérabilités qui exposent le Burundi au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme. Selon les conclusions présentées, le niveau global de risque de BC/FT au Burundi est élevé, en raison d’une menace et d’une vulnérabilité globale également élevée..

Le risque de financement du terrorisme a également été jugé préoccupant, en l’absence notamment d’un cadre législatif complet pour la mise en œuvre des résolutions 1267 et 1373 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Face à ces constats, plusieurs recommandations stratégiques ont été formulées, notamment :

  • la mise en place d’un outil statistique national pour le suivi des données LBC/FT ;
  • l’actualisation du cadre légal et l’adoption d’une politique nationale basée sur les risques;
  • la création d’une autorité de coordination nationale des initiatives LBC/FT ;
  • le renforcement des capacités humaines et matérielles des organes d’enquête et de supervision ;
  • la mise en place d’un registre national des bénéficiaires effectifs et d’une infrastructure d’identification fiable ;
  • la ratification de la Convention internationale de 1999 sur la répression du financement du terrorisme.

Sensibilisation sur le processus de l’Évaluation Mutuelle du Burundi

La seconde partie de l’atelier a porté sur la sensibilisation au processus de l’Évaluation Mutuelle conduite par le Groupe Anti-Blanchiment de l’Afrique Orientale et Australe (ESAAMLG).
Le Coordonnateur national de l’Évaluation Mutuelle a expliqué que ce processus, déjà entamé en juin 2025, constitue une évaluation approfondie visant à mesurer la conformité technique et l’efficacité du pays aux 40 Recommandations et 11 résultats immédiats du GAFI (Groupe d’Action Financière).

L’évaluation repose sur deux volets essentiels :

  1. La conformité technique, qui analyse la présence des lois et règlements exigés ;
  2. L’efficacité, qui mesure l’application concrète et les résultats obtenus sur le terrain.

Les défis identifiés sont multiples : coordination interinstitutionnelle parfois insuffisante, manque de données statistiques complètes, faible compréhension technique du processus, contraintes linguistiques, ou encore ressources humaines limitées.

Pour y remédier, les participants ont convenu de renforcer la coordination nationale, d’améliorer la collecte de données, d’accélérer la finalisation des textes d’application de la loi du 25 mars 2025, et de développer les capacités des acteurs concernés à travers la formation et la communication.

Un engagement national renouvelé

En clôturant les travaux, les participants ont unanimement salué la qualité des échanges et la richesse des recommandations. Le rapport de l’ENR a été validé avec quelques ajustements de fond et de forme, ouvrant la voie à une mise en œuvre effective et concertée des actions prioritaires.

Cet atelier marque ainsi une étape décisive dans la consolidation du dispositif national de LBC/FT. Il témoigne de la volonté politique forte du Burundi d’aligner son système financier sur les normes internationales, tout en consolidant la confiance des partenaires techniques et financiers.

Le gouvernement, à travers la CNRF, réaffirme sa détermination à poursuivre les réformes nécessaires pour bâtir un environnement économique sûr, transparent et attractif, au service du développement durable du pays.